Xerfi prévoit un essor de la chimie du végétal d’ici à 2020

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Le cabinet spécialisé dans les études économiques sectorielles Xerfi a publié une étude dénommée « La Chimie du végétal – Valorisation de la biomasse en produits chimiques industriels : quelles perspectives à l’horizon 2020 ». Selon cette publication qui succède à une étude sur la chimie verte réalisée en 2015, l’activité du secteur va bondir de 5 % en 2017, et connaîtra une croissance 6 % par an en moyenne jusqu’en 2020. La production biosourcée dans la chimie en France va atteindre 20 %, contre actuellement 15 %. Des prévisions optimistes dues à l’évolution du cadre réglementaire avec l’entrée en vigueur de la loi de transition énergétique en 2015. Ce texte impose une augmentation progressive de la teneur en matière biosourcée dans les emballages, de 30 % en 2017 à 50 % en 2020. A ce propos, un décret en vigueur depuis le 1er juillet 2016, préconise l’interdiction des sacs plastiques à usage unique, excepté ceux qui sont réutilisables, et ceux issus de matières biosourcées. En outre, Xerfi indique que l’écart de compétitivité moins important entre la chimie du végétal et la pétrochimie, favorisant le recours aux produits biosourcés. Enfin, dernier levier favorisant l’essor de la chimie du végétal : l’augmentation des subventions de l’Ademe et du budget alloué aux projets de bioéconomie pour la période 2014-2020.

Des obstacles encore à surmonter

Malgré les prévisions optimistes concernant la chimie du végétal, la filière fait face encore à plusieurs freins. D’une part, les technologies de conversion de la biomasse restent chères. Xerfi indique que le taux d’investissement est ainsi passé de 1 % à 5 % du chiffre d’affaires entre 2013 et 2016. A ajouter à cela, la chimie du végétal reste plus exposée aux incertitudes d’approvisionnement en matières premières et aux conflits d’usage, comparé aux dérivés du pétrole. Et le développement des bioraffineries reste encore limité dans l’Hexagone. En outre, la France est soumise à la concurrence d’autres pays comme les Etats-Unis, la Chine, l’Allemagne (en ce qui concerne le savoir-faire industriel) ou encore le Danemark (pour les technologies enzymatiques). Enfin, le cabinet Xerfi doit restructurer son offre, et inclure d’autres ressources non alimentaires tels que les algues. Bien que pionnière sur ce domaine de la chimie bleue, la France ne verra pas une abondance de produits issus d’algues sur le marché avant 2020.

 

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