Valorisation du méthane : Saudi Aramco investit dans Siluria

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Une fois n’est pas coutume, cette information ne concerne pas le domaine de la chimie du végétal. Pourtant, elle n’est pas dénuée d’intérêt. Le groupe saoudien Saudi Aramco vient en effet d’investir dans le tour de table de série D de la start up californienne Siluria Technologies par le biais de son fonds Saudi Aramco Energy Ventures, en collaboration avec ses investisseurs historiques. La société lève ainsi 30 millions de dollars, ce qui porte à 100 millions de dollars le montant de ses levées de fonds depuis sa création. Si Siluria intéresse tant les investisseurs, c’est parce qu’elle développe des procédés basés sur une catalyse chimique innovante et qui permettent de convertir directement du méthane en carburants ou divers produits chimiques de base.

Evolutifs et rentables, ses procédés ont vocation à pouvoir s’intégrer dans les infrastructures pétrochimiques existantes. Pour mener à bien ses travaux, la société emploie désormais 75 personnes dont d’anciens cadres et ingénieurs de grandes sociétés pétrolières et pétrochimiques (LyondellBasell, BP, Shell, Anadarko, ExxonMobil, Dow) ou de sociétés d’ingénierie et bailleurs de licence. (Fluor, Bechtel, Casale Group, Foster Wheeler).

Une autre source d’éthylène

La première de ces technologies est le couplage oxydatif du méthane (technologie OCM) qui consiste à partir de méthane (avec possibilité d’ajout d’éthane) et d’oxygène pour produire de l’éthylène et de l’eau. Non seulement le méthane est le principal constituant du gaz naturel qui est en train de monter en puissance dans le mix énergétique, alors que son transport reste encore délicat, mais encore l’éthylène est la matière de base principale de toute la pétrochimie.

La seconde technologie développée par Siluria est baptisée « Ethylene to Liquid » (ETL). Comme son nom l’indique, c’est elle qui permet la conversion de l’éthylène gazeux en hydrocarbures plus lourds, liquides dans des conditions normales de température et de pression et à plus forte valeur ajoutée. Ce couplage OCM + ETL entre alors en compétition avec l’approche thermochimique qui consiste à produire du syngas (CO + H2) puis des carburants liquides par la voie Fischer-Tropsch (FT). Or selon Siluria, cette voie est moins sélective au niveau de la distribution des hydrocarbures produits et nécessite des opérations de raffinage et de purification plus importantes et coûteuses en énergie.

Des partenariats avec Linde et Braskem

Siluria précise que sa technologie a déjà fait l’objet d’un pilotage. Une unité de démonstration industrielle, développée en partenariat avec l’ingénieriste Linde, est maintenant en cours de construction à La Porte au Texas, sur un site du groupe brésilien Braskem. Sa mise en service est prévue pour le quatrième trimestre de cette année.

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