Valignibois, un traitement bio-inspiré et biosourcé pour ignifuger le bois

Partager cet article avec :
Un projet pour protéger plus écologiquement les façades en bois.

Valignibois est le nouveau nom d’un projet soutenu par la région Nouvelle Aquitaine. Il fait l’objet d’une co-maturation financée par l’Institut Technologique Forêt Cellulose Bois-construction Ameublement (FCBA) et Aquitaine Science Transfert.

Ce projet s’inscrit dans la continuité d’un premier projet de recherche. Il est né il y a 3 ans pour développer une formulation biosourcée de traitement ignifuge pour des matériaux isolants en fibres de bois. Porté par le FCBA en partenariat avec l’Institut des sciences analytiques et de physico-chimie pour l’environnement et les matériaux ou Iprem à Pau (Université de Pau et des Pays de l’Adour, UPPA, CNRS), ce premier projet a fait l’objet d’un co-dépôt de brevet. Au vu des résultats prometteurs l’objectif est maintenant d’adapter la formulation à des matériaux plus denses, comme le bois massif ou des panneaux à base de bois. L’idée est de répondre aux problématiques de la filière pour améliorer le profil environnemental et sanitaire des matériaux d’isolation, mais aussi des éléments de construction et de décoration constituant notre environnement intérieur. Des entreprises régionales et des grands groupes ont déjà manifesté un vif intérêt pour accompagner le développement du produit avant une commercialisation.

Une formulation biomimétique

« Nos compétences en bio-mimétisme développées au sein de l’Iprem nous ont permis de mettre au point une formulation inspirée de la nature. Nous travaillons sur l’évolution de la formulation biosourcée et le FCBA, partenaire essentiel de l’Iprem, travaille quant à lui sur la formulation, le process et l’évaluation de l’efficacité en réaction au feu. Le projet Valignibois suscite un vif intérêt de la part de PME régionales, ainsi que de grands groupes. Il faut voir maintenant comment interagir avec eux pour transférer au mieux cette innovation et commercialiser le produit Lignoflam. La valorisation des résultats est un véritable gage de succès de la recherche publique. C’est important de montrer que l’on sait déposer des brevets, que l’on est capable de répondre aux problématiques des industriels et de s’adapter à l’évolution de nos sociétés tout en adoptant un comportement durable et responsable », a précisé Laurent Billon, de l’UPPA.

« Un enjeu fort a été identifié pour proposer aux industriels des solutions de substitutions de produits ignifuges et de nouveaux usages de matériaux. C’est pourquoi FCBA et le laboratoire Iprem se sont associés pour mener dès 2014 un projet de recherche de ressourcement. L’objectif fixé était l’élaboration de solutions originales biosourcées pour l’ignifugation de fibres. A l’issue du premier programme, deux programmes de co-maturation financés par la SATT, la Région Nouvelle Aquitaine et FCBA, visent à évaluer le produit sur les panneaux à base de bois massif et de bois reconstitué pour des usages intérieurs », a ajouté indique Gilles Labat, responsable recherche chimie et matériaux biosourcés (FCBA).

Des solutions plus écologiques attendues pour les ignifugeants

En France et en Europe, les matériaux de construction de type bardage ou isolant doivent présenter un classement au feu conforme à la réglementation incendie. Cela nécessite d’apporter des traitements par ignifugation, une technique qui a pour but de retarder, au mieux de stopper la propagation des flammes. Mais dans un contexte où les normes évoluent (avec notamment le règlement Reach), trouver de nouvelles solutions écologiques et biosourcées est devenu un enjeu prioritaire ajoutent les partenaires.

A noter que ce soutien de la d’Aquitaine Science Transfert s’inscrit dans le cadre d’un programme d’accompagnement de 6 projets de maturation, à hauteur de 822 700 euros d’investissements. L’objectif des programmes de maturation financés par Aquitaine Science Transfert est d’accélérer le « time-to-market » des technologies issues de la recherche académique, d’en faire des innovations créatrices de valeur économique et d’emplois.

A propos d’Aquitaine Science Transfert

Il s’agit de la Société d’Accélération du Transfert de Technologies de la région Aquitaine (SATT Aquitaine). Créée en juillet 2012 à l’initiative du Programme des Investissements d’Avenir, elle a pour objectifs la valorisation de la recherche académique et l’amélioration du processus de transfert de technologies vers les entreprises. Aquitaine Science Transfert est portée par ses actionnaires fondateurs que sont la Communauté d’universités et établissements d’Aquitaine, l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA), le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) et la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) pour le compte de l’Etat.

Partager cet article avec :