Vadébio va convertir nos meubles usagés en molécules

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Article paru dans Formule Verte n°21, mars 2015

Quatre partenaires se proposent de valoriser du bois issu de déchets de mobilier en molécules à valeur ajoutée pour satisfaire la REP Ameublement.

Des éléments d’ameublement bientôt sources de molécules.  Crédit : PPG
Des éléments d’ameublement bientôt sources de molécules. Crédit : PPG

Vadébio est un projet de R&D collaboratif qui a démarré le 1er janvier 2015, pour trois ans. Il est porté par un consortium de partenaires composé de Séché Environnement (coordinateur), Valagro, Éco-éthanol et Protéus-PCAS, afin de développer des techniques de valorisation des Déchets d’éléments d’ameublement (DEA) sous forme de molécules d’intérêt. Ce projet figure parmi les trois retenus par l’Ademe et les éco-organismes Éco-Mobilier et Valdelia sur seize en compétition. Il s’inscrit dans le cadre de la mise en place de la REP Ameu­blement (voir encadré).

Dans ce domaine, des déchets proviennent de deux sources. Ils peuvent être générés par des particuliers ou des professionnels. À ce gisement s’ajoutent des rebus de fabrication. Or ces tonnages sont considérables ! Rien que pour les meubles usagés, le gisement est évalué à 2,7 Mt, alors qu’entre 3 et 4 Mt de meubles neufs sont mis sur le marché chaque année. Les matériaux constitutifs de ces meubles sont assez variés, du métal, aux textiles, en passant par les plastiques, la mousse polyuréthane ou le verre. Cependant, la part du bois reste largement majoritaire représentant 50 à 60  % du tonnage de ces DEA.

Le bois possède déjà une filière de recyclage avec la fabrication de panneaux de particules et il est prévu que celle-ci se développe. Cependant, Sylvain Durécu, directeur de la recherche de Séché Environnement, souligne que « la filière aura des difficultés à absorber tout le gisement », motivant ainsi ce programme Vadébio.

C’est donc pour traiter cette fraction supplémentaire qu’un premier consortium s’était constitué entre Séché Environnement, Valagro et Éco-éthanol. Les trois partenaires avaient alors eu l’idée de transformer ce bois en éthanol. Cependant, Sylvain Durécu explique que le consortium a très vite mis en évidence des difficultés liées à la présence de vernis et de colles. C’est ainsi que la société Protéus, filiale du groupe PCAS, spécialiste des enzymes, a été contactée.

Sylvain Durécu rappelle que le bois est constitué de cellulose, d’hémicellulose et de lignine qui peuvent être séparés par des procédés mécaniques et chimiques. La cellulose et les hémicelluloses sont ensuite hydrolysées en sucres fermentescibles, voire convertis en éthanol. Or en présence de colles et de vernis, les enzymes utilisées dans le procédé de production de bioéthanol déjà breveté par Éco-éthanol, ont montré leurs limites.

« Cette étape d’hydrolyse était imparfaite et conduisait à de mauvais rendements », poursuit-il. Protéus se voit donc confier la mission de contourner cette inhibition, grâce à son large panel d’enzymes et de technologies propriétaires. Deux voies seront investiguées : le développement d’enzymes qui dégradent les molécules inhibitrices ou le développement d’enzymes résistantes aux inhibiteurs.

Dans ce consortium, Séché Envi­ronnement va intervenir en tant que société de tri et de valorisation. « C’est Éco-Éthanol qui possède les brevets de base sur la délignification, l’hydrolyse et la fermentation. En fonction des avancées du programme, Protéus pourra également revendiquer une partie de la PI », ajoute le directeur de la recherche. Lorsque le procédé sera mis au point, ce qui intéressera Séché Environnement sera sa mise en œuvre », poursuit Sylvain Durécu. À partir de 2018, des unités de traitement de 20 000 à 50 000 t par an de bois issus de DEA pourraient ainsi voir le jour répondant aux exigences de la REP Ameublement.

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