Un pôle lyonnais pour la détermination du contenu en Biosourcé

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ISA présenti pour abriter le pôle lyonnais de détermination du contenu biosourcé.
L’ISA pressenti pour abriter le pôle lyonnais de détermination du contenu biosourcé.

Article paru dans la revue Formule Verte n°17 / mars 2014

Alors que la mesure 14C n’est proposée en routine que sur le continent nord américain, l’Institut des Sciences Analytiques de Villeurbanne pourrait se positionner comme un nouvel acteur européen. Cette technologie est indispensable à la méthode ACDV de détermination d’un contenu biosourcé.

Le développement de la chimie du végétal permet de créer une nouvelle chimie plus respectueuse de l’environnement, de diminuer l’empreinte carbone et réduire la dépendance aux énergies fossiles. La conception de composés biosourcés est aussi un argument commercial et le consommateur sensible à cette problématique devra être sûr de l’origine biosourcée de ces nouveaux produits.

Dans le contexte actuel, des travaux de normalisation français et européens sont en cours visant à développer des méthodes analytiques de détermination du contenu en biosourcé de produits chimiques intermédiaires ou de produits finis.

Traditionnellement, la teneur en matériaux biosourcés d’un produit est abordée par le biais du ratio en carbone biosourcé selon la méthode de datation au carbone 14, comme aux Etats-Unis dans la méthode ASTM D 6866. Cette méthode s’appuie sur des techniques de spectrométrie de masse couplée à un accélérateur ou de comptage par scintillation liquide.

Elle correspond en Europe à la future norme sur la détermination de la teneur en carbone biosourcé qui sera publiée dans quelques mois sous la forme d’une spécification technique. Les partenaires européens travaillent actuellement au sein du CEN à la rédaction d’une méthode proposée par l’A.C.D.V. Elle allierait la mesure du 14C et la détermination des éléments organiques afin d’apporter une réponse plus complète sur la teneur en Biosourcé.

Le Centre de Datation par le Radiocarbone (détermination de l’activité en 14C) et le laboratoire d’analyse élémentaire organique et isotopique (déterminations CHNOS et 13C, 15N 18O et 2H) de l’Institut des Sciences Analytiques (ISA) du CNRS installés tous les deux à Villeurbanne collaborent depuis plus de 20 ans sur de nombreux projets analytiques. Ils ont entamé récemment une collaboration permettant d’associer leurs techniques dans l’objectif d’apporter une solution optimale pour la connaissance des composés biosourcés. Ils disposent du savoir-faire et des disponibilités pour pratiquer de façon courante l’analyse du 14C et l’analyse élémentaire.

Par ailleurs, la mesure des isotopes par spectrométrie de masse des rapports isotopiques stables organiques 13C, 2H, 15N et 18O serait une méthode alternative complémentaire à la méthode de référence. Cette technique est utilisée depuis longtemps dans l’authentification des composés naturels par rapport aux origines synthèses (aromes, huiles essentielles…).  Des travaux complémentaires devraient permettre la mise au point de méthodes de détermination du contenu en biosourcé utilisant cette technique. Elles permettraient d’obtenir des résultats équivalents avec un coût financier et un temps d’analyse plus court et seraient utilisables sur des produits très spécifiques (en exploitant les variations isotopiques en fonction des origines végétales). n

Contact : Christine Oberlin (oberlin@univ-lyon1.fr) CDRC et Patrick Jame (p.jame@sca.cnrs.fr) CNRS ISA

 

Focus sur la détermination du contenu biosourcé

Bien que l’analyse du carbone 14 permette de dissocier l’origine biosourcée et l’origine fossile du carbone d’un produit commercial, elle n’identifie pas toujours son véritable contenu biosourcé (le produit étant aussi constitué d’autres éléments tels que azote, oxygène…), au risque de le sous-estimer. Pour pallier ce problème, SGS, en partenariat avec l’ACDV, a mis en place une méthodologie destinée à attester le taux d’origine biosourcé de tout type de produit (liquide, solide, gazeux…). Cette méthodologie comprend une mesure de 14C et des analyses des différents éléments chimiques présents dans le produit. Elle fait actuellement l’objet d’un projet de normalisation européenne au CEN/TC 411. L’attestation émise par SGS donne droit à l’apposition du logo indicateur, délivré par l’ACDV.

 

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