Un investissement de 137 M$ prévu pour l’usine IBN-One

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Ce sera une première en France. Global Bioenergies et Cristal Union vont construire sur le territoire une première usine d’isobutène à partir de ressources renouvelables. C’est sous le nom d’IBN-One qu’opérera cette coentreprise. Annoncée jeudi 21 mai, la constitution d’IBN-One marque une nouvelle étape dans l’industrialisation du procédé de Global Bioenergies. Alors que la phase d’avant-projet va débuter, les premières études d’implantations potentielles ont été menées. Avec une capacité de 50 000 t/an, cette unité industrielle inédite en France devrait être opérationnelle dès 2018. La phase d’ingénierie est envisagée dès mi-2016, celle de construction en 2017. Cette future usine devrait opérer à partir de carbohydrates « d’origine végétale. Et ce qui est disponible aujourd’hui, ce sont la betterave et les céréales », indique Bernard Chaud, récemment recruté chez Global Bioenergies en tant que directeur de la stratégie industrielle et qui prendra la tête de la coentreprise. Le p-dg d’IBN-One n’exclut pas également l’utilisation de résidus agricoles.

Une usine adossée à un site de Cristal Union

La localisation de cette future unité n’est pas encore tout à fait arrêtée. « Ce sera en France, proche des sources de carbohydrates. Cela oriente vers le nord », précise Bernard Chaud. Xavier Astolfi, directeur général adjoint de Cristal Union, 4e transformateur de betteraves d’Europe, se montre plus précis : « Les deux principaux candidats sont les sites d’Arcis-sur-Aube et de Bazancourt-Pomacle ». Ces deux implantations disposent de capacités de près de 200 000 t/an pour alimenter la future usine, et possèdent déjà des unités de pré-traitement de la matière première végétale ainsi que l’ensemble des utilités.

Les partenaires estiment le coût global de mise en œuvre à 137 M$, selon Marc Delcourt, cofondateur et p-dg de Global Bioenergies. Le coût de fonctionnement devrait avoisiner les 15 à 20 M$ par an. Avec un capital de 1 M€, IBN-One, qui est détenue pour l’heure à parts égales entre les deux Français, devra donc trouver des fonds supplémentaires pour mener à bien son projet. Selon un calendrier établi, la prochaine étape de structuration en 2016 devrait nécessiter un budget de 15 M€, pour lequel IBN-One devrait accueillir « de nouveaux investisseurs : des industriels de l’aval, des fonds sectoriels, des fonds publics… », cite Marc Delcourt. De futurs actionnaires qui pourraient participer à un tour de table en 2017 pour la construction de l’unité. Une étape de financement d’un budget de 100 M€ qui reposera en partie sur une levée de fonds et en partie par de la dette. Au cours de ces différentes étapes, Global Bioenergies entend s’effacer peu à peu. « Global Bioenergies ne se voit pas comme un actionnaire principal mais plutôt comme l’organisateur ». La société tirera sa rémunération via la licence technologique non exclusive vendue à IBN-One.

Cette technologie permet la production d’isobutène de haute pureté par fermentation à partir de substrat végétal. Cet isobutène compte des débouchés dans les additifs renouvelables mais aussi une fois transformé en dérivés liquides, pour le marché des biocarburants.

Déjà la création d’IBN-Two

Et Global Bioenergies prépare déjà les étapes suivantes. A savoir généraliser le modèle des sociétés « IBN-X », sachant qu’IBN-Two vient d’être créé à Munich, en Allemagne. La start-up créée en 2008 avait déjà étonné par la précocité de son introduction en Bourse dès 2011. Elle se lance maintenant dans la préparation de la phase commerciale de son procédé alors que son pilote industriel (d’une capacité de 10 t/an) produit à Bazancourt-Pomacle depuis fin 2014 et que son démonstrateur industriel (100 t/an) devrait produire ses premiers lots d’isobutène au deuxième trimestre 2016.

A Bazancourt-Pomacle, Aurélie Dureuil

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