Un centre de développement spécifique excipients pharma pour Roquette

Partager cet article avec :

La gigantesque bioraffinerie de Roquette, cinquième plus grand amidonnier dans le monde et leader mondial des polyols, abrite aujourd’hui un Centre de développement applicatif (CDA) dédié à la pharmacie. Si, de Tokyo (Japon) à Geneva aux États-Unis ou encore à Mumbai en Inde, les CDA de Roquette dans le monde sont tous actifs dans les applications pharmaceutiques, c’est le premier du genre dans le réseau mondial du groupe tricolore à être spécifiquement dédié à ce domaine. Sur 800 m2, une équipe d’une dizaine de salariés travaillent, affûtent et développent les technologies (compression, pelliculage, granulation…), avec pour objectif la conception de formes galéniques innovantes et de solutions sur-mesure pour les clients. Ce centre est à la « frontière entre les marchés et la R&D », ajoute Isabelle Routier, vice-présidente des CDA Alimentation Nutrition Santé du groupe. Cet investissement jugé « conséquent » par le groupe, sans plus de détail, doit renforcer une activité primordiale pour Roquette.

Une gamme de 45 familles de produits

Leader mondial pour les excipients et les principes actifs, il génère 12 % de son chiffre d’affaires total (3,4 Mrds € en 2013) du secteur pharmacie-cosmétologie. Surtout, un tiers des 5 000 brevets déposés à ce jour par Roquette est dédié au secteur pharmaceutique. Le producteur tricolore dispose d’une gamme de 45 familles de produits issus de ses matières premières principales que sont le blé et le maïs, mais aussi les pommes de terre ou les pois. Depuis 40 ans, sur 81 d’existence, Roquette s’est appuyé sur ses matières premières végétales pour offrir des solutions pour les gélules, les sirops, les solutés injectables, les granulés, les crèmes, les comprimés ou encore les films orodispersibles. Dès les années 50, ont ainsi été développés en interne le sorbitol poudre pour la compression directe de comprimés, le sorbitol liquide pour les sirops ou les dentifrices, ou encore l’amidon extra-blanc pour éviter le recours à des agents de blanchiment dans les comprimés. Dans les années 70, Roquette a innové avec le dextrose monohydrate apyrogène, utilisé comme principe actif dans les solutés de perfusion d’urgence (pour déshydratation et hypoglycémie aigüe), ou encore avec le mannitol, un excipient soluble et non-hygroscopique qui permet de produire des médicaments extrêmement stables. Avant le second millénaire, le groupe s’est aussi particulièrement intéressé aux cyclodextrines, lesquelles permettent d’encapsuler des principes actifs pour les solubiliser. Ces dernières années, on peut encore citer le polymère Lycoat, issu du végétal et développé pour remplacer les polymères synthétiques dans le pelliculage de comprimés.

A Lestrem, Julien Cottineau

Partager cet article avec :