Total pourrait reconvertir La Mède dans les biocarburants

Partager cet article avec :

De sources syndicales, les publications Les Echos et L’Usine Nouvelle ont rapporté que la raffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône), structurellement déficitaire, va mettre fin à son activité traditionnelle pour produire des biocarburants à base d’huiles végétales. Cette reconversion ne devrait pas entraîner de licenciements secs parmi les 430 salariés du site. « Le plan de reconversion sera inspiré de celui qu’a connu le site pétrochimique de Carling (Moselle) en 2014. Un vapocraqueur y a été fermé et remplacé par une unité de fabrication de résines » commentent les publications.

En France, Total exploite cinq sites de raffinage, parfois associés à de la pétrochimie, qui emploient près de 3900 personnes : Donges (Loire-Atlantique), Feyzin (Rhône), La Mède (Bouches-du-Rhône), Grandpuits (Seine-et-Marne) et Gonfreville-l’Orcher (Seine-Maritime). Deux d’entre eux « connaissent des difficultés économiques, Donges et La Mède », affirmait le directeur de la raffinerie de La Mède, François Bourrasse, mi-décembre dans le quotidien La Provence. Ce site perdrait « en moyenne 100 millions d’euros par an », indiquait-il. Tandis que perte de Total dans le raffinage sur l’ensemble du territoire s’élèverait à 200 millions d’euros par an.

Des fermetures en cascade dans le raffinage européen

Ces difficultés rencontrées dans le raffinage ont été confirmées par Francis Duseux, nouveau président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip). L’activité de raffinage de pétrole en Europe devrait connaître une sévère restructuration qui se traduira par la fermeture de 25% à 30% des sites d’ici à 2040, a-t-il estimé dans une conférence de presse mi-mars. Les raffineries européennes souffrent depuis plusieurs années de la baisse de la demande de produits pétroliers finis en Europe, en particulier d’essence. Le secteur subit aussi une concurrence accrue des autres zones géographiques. Inde et Arabie Saoudite ont augmenté leurs capacités de raffinage, tandis que les Etats-Unis, soutenus par le boom des hydrocarbures de schiste, ont fortement réduit leurs importations de produits pétroliers et commencent même à en exporter.

Partager cet article avec :