Thanaplast veut réinventer l’industrie des plastiques

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La jeune société Carbios vient d’annoncer le lancement du consortium Thanaplast dont elle sera le chef de file. L’enjeu est de « créer une véritable valeur industrielle à partir des matériaux plastiques en fin de vie, en développant des technologies innovantes capables de produire, transformer et recycler un très grand nombre de plastiques à partir de procédés brevetés utilisant des enzymes ». Doté d’un budget de 22 M€ sur 5 ans, ce projet sera financé à hauteur de 9,6 M€ par Oseo, dans le cadre du programme d’aide aux projets ISI (Innovation Stratégique Industrielle). C’est Carbios qui portera l’essentiel du budget à hauteur de 15 M€, mais il recevra un financement de 6,8 M€ par Oseo sur les 9,6 M€ octroyés. Les autres partenaires sont le groupe Barbier, Ulice (groupe Limagrain), Deinove, le CNRS, l’Université de Poitiers et l’INRA.

Dans la pratique, le consortium ambitionne de relever trois défis à commencer par la création d’une nouvelle génération de plastiques biodégradables à la demande. « Certains plastiques bio-sourcés sont biodégradables, mais ont des coûts encore trop élevés et une durée de vie non adaptée à l’usage (trop courte ou trop longue), ce qui freine leur exploitation à grande échelle. Thanaplast veut offrir une réponse à cette problématique industrielle de technicité des matériaux en inventant des plastiques compétitifs dont la durée de vie sera parfaitement contrôlée » explique la société Carbios. Le deuxième objectif est de créer un système de recyclage performant des plastiques ; Thanaplast ambitionne d’offrir aux industriels, à l’issue du programme, une technologie de recyclage efficace d’un très grand nombre de déchets plastiques permettant de retrouver les formes et propriétés d’origine, en évitant les tris sophistiqués en amont et en augmentant rapidement les volumes réalisés. Le troisième objectif vise à développer une nouvelle technologie compétitive de production de bio-polymères. Thanaplast veut associer valorisation de la biomasse et technique plus performante par l’utilisation d’une biomasse brute plus compétitive qui permettra d’envisager une substitution massive aux pétro-plastiques. Les polymères d’origine biologique ou issus de ressources renouvelables étant aujourd’hui 2 à 4 fois plus chers que les plastiques issus de la pétrochimie. Ces 3 volets sont indépendants aussi bien en termes d’enjeux, de défis technologiques que de calendrier.

A noter que dans le cadre de ce projet, Deinove est entré au capital de Carbios à hauteur de 2,45% (totalement dilué). Carbios a également attribué à Deinove des BSA (bon de souscription d’actions) qui deviendront exerçables dès l’entrée en développement préindustriel de la première souche de déinocoques sélectionnée dans le cadre de Thanaplast. La participation de Deinove serait alors triplée, toujours sur la base du capital actuel. Selon Jacques Biton, directeur général de Deinove : « Notre engagement dans le projet Thanaplast marque l’avancée de la société dans un de ses domaines d’applications phares : la chimie verte. Les propriétés intrinsèques des déinocoques en font des outils d’intérêt pour la biodégradation, la bioremédiation2 et la dépollution. Ainsi, après avoir récemment sélectionné et optimisé avec succès une bactérie pour convertir de la biomasse végétale en éthanol, les premières études que nous avons conduites dans le domaine des plastiques biodégradables semblent confirmer le potentiel de nos bactéries en la matière. Nous sommes donc enthousiastes à l’idée d’engager cette collaboration avec Carbios et les autres partenaires du projet. » Cette opération est donc une belle opportunité, à moindre coût, pour Deinove qui s’impliquera dans le projet à hauteur de quelques 700 K€ dont près de la moitié sera financée par Oseo sous forme de subventions et d’avances remboursables. Jean-Claude Lumaret, directeur général de Carbios, a poursuivi : « En réunissant autour de nous des partenaires scientifiques et industriels de premier plan et grâce au soutien de nos actionnaires, la Holding Incubatrice Chimie Verte Série 1 et Truffle Capital, et à celui d’Oseo, nous allons introduire une véritable rupture technologique dans l’univers de la plasturgie. Demain, nous n’aurons plus besoin de nous soucier de la fin de vie de ces matériaux plastiques, ils se dégraderont par eux-mêmes au moment voulu ou serviront pour en créer de nouveaux aussi performants. »

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