Tereos dépasse les 5 Mrds € de chiffre d’affaires

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Syral
Usine Tereos Syral à Marckolsheim.

Le groupe coopératif français Tereos a réalisé de bonnes performances sur son exercice 2011/2012, clos le 30 septembre 2012.  » Pour la première fois, nous avons franchi la barre symbolique des 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires (+14%)  » a précisé Alexis Duval nouveau président du comité exécutif. Le résultat d’exploitation ajusté (Ebidta) atteint 904 millions d’euros (+20%) et le bénéfice net ressort à 313 millions d’euros en hausse de 32%. Les activités du groupe reposent sur l’exploitation de trois grandes matières premières végétales : la betterave à sucre (43% du CA), les céréales (34%) et la canne à sucre (23%). En 2011/2012, le groupe a toutefois élargi sa gamme de matières premières à la pomme de terre et au manioc par le biais de l’acquisition de l’amidonnerie d’Haussimont en France et d’une amidonnerie au manioc au Brésil. De ces grandes matières premières, il tire principalement du sucre (betterave, canne), des produits sucrants (céréales), de l’éthanol (betterave, canne, céréales) et des amidons et dérivés (céréales).
Le succès de l’exercice 2011/2012 est à mettre à l’actif d’une récolte de betteraves record en Europe (19,1Mt), avec des rendements en France qui ont même franchi les 95 t/ha. De son côté, le cours mondial du sucre brut s’est stabilisé autour de 19-20 cents/livre après avoir connu des taux historiquement élevés dus à une chute de production au Brésil. Les perspectives sont bonnes, puisque le marché mondial du sucre est attendu avec une croissance de 2% par an tirée par la demande des pays émergents.
Dans l’éthanol, les volumes sont stables depuis 2 ans au niveau mondial. Ce produit trouve des applications dans l’agroalimentaire, la pharmacie, mais également dans les carburants. D’ailleurs, Tereos a déjà investi plus de 400 millions d’euros en France dans ce domaine pour satisfaire le marché des carburants. Tereos milite pour que l’Europe fixe la barrière des quotas d’incorporation d’éthanol dans l’essence à 7% (et non 5%) pour saturer les usines et rentabiliser les investissements, selon Alexis Duval.
Les produits amylacés, dérivés de céréales et qui sont intégrés dans la branche Tereos Syral, font l’objet d’une forte croissance, tirée par des pays émergents comme la Chine (+10%) et le Brésil (+15%). Ce secteur se partage entre deux grandes familles : les produits sucrants et les amidons qui ont des applications alimentaires et non-alimentaires (industrie papetière, emballage, chimie). Sur l’exercice écoulé, la rentabilité du secteur a été entachée par des cours élevés de céréales autour de 250-260 €/t.
Parmi les faits marquants de l’exercice écoulé, le groupe a réalisé trois grosses opérations en France : inauguration d’une unité d’extraction de bétaïne à Origny en partenariat avec DuPont, acquisition de 75% de l’amidonnerie d’Haussimont et démarrage d’une unité de production de gluten à Lillebonne. A l’étranger, le groupe liste l’acquisition d’une distillerie en République Tchèque, le démarrage de la construction d’une amidonnerie de maïs au Brésil, d’une amidonnerie de blé en Chine (avec Wilmar) et une implantation en Roumanie.
Pour ce qui est des perspectives 2012/2013, Tereos anticipe un marché mondial du sucre toujours excédentaire, avec des prix autour de 18-20 cents/livre. Dans l’éthanol, le groupe bénéficiera de la hausse de taux d’incorporation au Brésil, mais souffrira de baisses en Europe. Dans les céréales, le marché restera soutenu mais volatile. En revanche, difficile de fixer des objectifs de croissance chiffrés pour ce paquebot de 26500 personnes, tant ses performances dépendent des aléas climatiques et de la volatilité des prix des matière premières. Déjà, on sait qu’en France les rendements sucriers de betteraves vont se normaliser autour de 84 t/ha. D’où l’importance de disposer d’un portefeuille diversifié de produits et de positions géographiques équilibrées pour arriver à surmonter ces difficultés.

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