Sucre : Passe difficile pour les betteraviers

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Récolte de betterave sucrière.

Eric Lainé, déjà président de la CGB (Confédération des Betteraviers français), vient d’être élu président de la CIBE (Confédération Internationale des Betteraviers Européens), lors de son assemblée générale à Gand en Belgique le 15 mai 2018. Cette assemblée s’est déroulée en amont du 45ème Congrès des Betteraviers Européens qui a permis d’examiner les principales questions économiques et politiques auxquelles sont confrontées aujourd’hui l’agriculture betteravière en Europe, ainsi que la situation de l’économie sucrière mondiale, en mettant l’accent tout particulièrement sur la crise actuelle du marché.

Des prix mondiaux au plus bas

Eric Lainé, a déclaré lors de l’ouverture de ce congrès : « Les planteurs de betteraves européens sont extrêmement inquiets ; toutes leurs craintes exprimées lors de notre précédent congrès tenu en 2015 se matérialisent. L’effondrement des prix mondiaux du sucre, qui ont récemment atteint leur plus bas niveau depuis six ans, a miné cette première année sans quotas quand la production de l’UE a été libéralisée. Le prix moyen du marché du sucre de l’UE a également chuté à son niveau le plus bas jamais atteint. Cela impacte les prix et les revenus betteraviers partout en Europe. Les planteurs de betteraves vont devoir faire face à une baisse de revenu sans précédent. Si l’on ajoute à tout cela la récente décision de l’Union européenne d’interdire les néonicotinoïdes dans l’enrobage des graines de betterave, sans même nous laisser le temps de trouver des solutions alternatives, c’en est trop ! ».

Les discussions portent également sur les perspectives des marchés mondiaux, la transparence des marchés, le cadre contractuel et les clauses du partage de la valeur entre planteurs et fabricants, ainsi que sur les conséquences d’une prolongation de la durée de campagne et la mise en œuvre des outils de gestion du risque. Le président Lainé a ajouté que : « sur toutes ces questions, la situation est bien en deçà des attentes. Nous nous félicitions des résultats du Règlement « Omnibus »* mais il faut maintenant que les législateurs répondent au besoin urgent de renforcer le rôle des agriculteurs tout au long de la chaine d’approvisionnement et de rendre les agriculteurs plus résilients ; des outils appropriés, dont des outils de gestion du risque, doivent être mis en place dans nos pays producteurs de betteraves ».

*Le volet agricole du règlement « omnibus » concerne la modification des quatre règlements relatifs à la PAC: paiements directs, développement rural, organisation commune des marchés et règlement horizontal.

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