Succès des premières rencontres BtoB de Trimatec

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Les rencontres de Trimatec mettent en présence des grandes entreprises et des start-up.
Les rencontres de Trimatec mettent en présence des grandes entreprises et des start-up.

Lancée en 2015 par le pôle de compétitivité Trimatec, l’initiative SITech (pour Stimulation de l’innovation technologique) continue de mobiliser des acteurs des écotechnologies propres et sobres pour les secteurs de la chimie fine et la filière du végétal et de la biomasse dans la région Rhône-Alpes/Auvergne. Le 18 mars dernier à Lyon, une cinquantaine de personnes ont ainsi participé aux premières rencontres BtoB « SITech ». De nombreuses PME/ETI et laboratoires de recherche comptaient parmi les inscrits, de même que quelques grands groupes industriels comme Chanel, Chimex, Givaudan, Laboratoire Expanscience, Novacap, Pierre Fabre, toujours à l’affût de nouveaux partenariats de recherche, de technologies innovantes ou de services. Les agendas de rencontres, particulièrement bien garnis, ont tout de même laissé la place à des présentations de technologies ou solutions innovantes.

David Chézaud, fondateur de la société FlowerSep en 2012, a détaillé une technologie en rupture pour le domaine de la séparation liquide-solide, de la clarification et de la déshydratation. « Aujourd’hui vos suspensions nécessitent plusieurs étapes successives de séparation de solide/liquide. Peut-être même ajoutez-vous des adjuvants de filtration : floculants ou coagulants. Avec le Laminar Flow CS, que vos suspensions soient diphasiques ou triphasiques, vous atteindrez vos objectifs de qualité et de productivité en une seule étape, sans aucun ajout de produit » assure le dirigeant. En complément, sa société a développé également le « Filtration Performance Test » qui permet une analyse poussée d’un produit étudié dans différentes conditions opératoires pour optimiser les performances de filtration. Et avec un petit volume de 250 ml, on peut réaliser 5 à 10 essais ! FlowerSep qui a démarré ses activités avec le soutien du CEA, est aujourd’hui prête pour la commercialisation de ses produits.

Présentations et rencontres d'affaires se sont succédé.
Présentations et rencontres d’affaires se sont succédé.

Olivier Coupaye, président de TIA, a présenté sa société, spécialisée dans la fabrication et la mise en service d’installations industrielles et pilotes mettant en œuvre des techniques de filtration membranaire. Grâce à un partenariat avec la start-up toulousaine Ederna, la société, qui a pourtant 26 ans d’âge, est en train de lancer la technologie innovante Evapeos. Il s’agit d’une technologie de filtration qui utilise le principe de la concentration osmotique et qui permet de concentrer un liquide (par ex un jus de fruit ou un extrait de plante) jusqu’à 60% de solide total, sans risque de colmatage. Cette technologie qui entre en compétition avec l’évaporation multi-étage présente aussi l’avantage de préserver les qualités du produit tout en diminuant drastiquement la consommation énergétique.

Ensuite, la société Coldep, créée en 2011 sur la base de travaux de l’Ifremer et de l’Insa de Lyon, a présenté sa nouvelle technologie d’ « air lift sous vide ». Protégée par deux brevets, elle permet de cultiver et de concentrer de la biomasse algale. « On peut préconcentrer des algues sans consommer trop d’énergie. Puis on finit par une centrifugation plus énergivore. Cela permet de baisser les coûts d’investissement sur une unité de centrifugation » résume Renaud Delaporte, responsable commercial.

Dans un tout autre registre, la société bordelaise Rescoll a présenté le programme pilote européen ETV (pour Environmental Technology Verification) auquel elle participe. L’objectif et de pouvoir vérifier et certifier les performances environnementales d’écotechnologies innovantes. Pour les financeurs des sociétés et les acquéreurs de technologie, cette démarche est destinée à limiter leurs risques, ce qui devrait simplifier la diffusion de l’innovation et l’accès au marché.

Vincent Rapinel, doctorant Cifre pour la société Celsius, a dévoilé le nouvel équipement Nectacel développé par la société Celsius. Sans aller jusqu’à l’usage de fluides supercritiques qui requièrent des conditions élevées de pression et de température, la société Celsius propose de faire de l’extraction aux gaz liquéfiés sous pression avec différents types de solvants, dont le butane, l’hexane ou des solvants verts. Un premier prototype est en cours d’installation sur la nouvelle plateforme d’éco-extraction PEEV, au cœur de la cité du végétal de Valréas (84). Le concept vise à réunir sur un même plateau technique plusieurs technologies physiques d’éco-extraction au travers d’équipements pilotes semi-industriels. Celsius compte sur sa participation pour attirer de nouveaux clients.

Membre du groupe Gilson depuis 2013, la société Armen Instrument, qui fabrique et commercialise des équipements innovants dans le domaine du fractionnement et de la purification en chromatographie liquide, propose aussi des prestations de service. Grégoire Audo, son directeur, a évoqué cette nouvelle activité et l’installation de sa société sur la plateforme Axel’One à Solaize (69).

Laurent Urban de l’Université d’Avignon a donné un aperçu de ses recherches dans le domaine agronomique sur les effets des facteurs environnementaux sur les concentrations en métabolites secondaires de plantes. Plus précisément, le chercheur a expliqué que l’usage d’UV-C peut permettre de concentrer la plante en molécule d’intérêt (nutriments, colorants naturels…). Un brevet a été déposé et un démonstrateur est en construction en collaboration avec la SATT Sud-est et le pôle de compétitivité Terralia.

Deinove
Deinove travaille sur les bactéries Déinocoques.

A signaler la présence de la société Deinove, présentée par Marie Bezenger, vp Opérations. Elle a rappelé que sa société développe des procédés de production de biocarburant et d’ingrédients biosourcés par voie biotechnologique en utilisant des bactéries Déinocoques). Actuellement, l’entreprise produit à l’échelle pilote dans des bioréacteurs jusqu’à 20 litres de capacité. Mais son ambition est bien de monter en échelle à mesure que ses programmes arriveront à maturité.

Fondatrice d’Alganelle, Ghislaine Tissot-Lecuelle a présenté sa start-up, basée au Bourget-Du-Lac (Savoie), et spécialisée dans le développement et la production de biopolymères à haute valeur ajoutée à partir de micro-algues. L’une des molécules visées est l’acide hyaluronique qui a des applications en cosmétique, chirurgie esthétique ou ophtalmologie. Alganelle n’a pas manqué d’intéresser la société Novacap puisque celle-ci a pris une participation minoritaire dans la société en novembre 2015.

Enfin, Serge Biton, un ancien de Deinove, est venu parler de sa nouvelle société Surfact’green. Ce serial entrepreneur, qui a aussi participé au lancement de la société Stratoz (dépollution par les plantes et valorisation de catalyseurs), s’appuie sur les savoir-faire de l’Ecole nationale Supérieure de Chimie de Rennes (ENSCR) pour développer une large gamme de tensio-actifs à partir de deux matières premières végétales : la mélasse de betterave et des polysaccharides dérivés d’algues marines. La société dispose de ses propres installations au stade laboratoire (150 g) et au stade pilote (10 kg), et peut aller jusqu’à 500 kg via des sous-traitants. Ses produits ont déjà été testés par plus de 20 industriels.

A Lyon Sylvie Latieule

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