Squalane végétal : Sophim investit en production en Andalousie

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Le site de production de Sophim à Peyruis  en Provence.
Le site de production de Sophim à Peyruis en Provence.

La société Sophim vient d’investir 3,2 millions d’euros dans l’acquisition d’une usine d’oléochimie située à Almería, en Andalousie, au cœur de la plus grande région de production d’huile d’olive au monde. Sophim est un spécialiste du squalane végétal qui emploie 38 personnes avec une usine intégrée en Provence. Par des procédés physiques et chimiques naturels, cette usine traite chaque année plus de 2500 t de co-produits de la production d’huile d’olive pour en extraire principalement du squalène qui est ensuite hydrogéné en squalane.

Cette nouvelle usine d’Almería, employant une quinzaine de personnes et dotée d’une capacité de traitement de plusieurs centaines de tonnes par mois, aura pour mission de produire 500 t/an de concentrés riches en squalène dès 2015, obtenus notamment à partir du traitement de grignons d’olives. Ces capacités seront ensuite transférées en France pour augmenter la capacité de production de l’usine.

Des débouchés en cosmétique

sophimOliveLe squalane est un ingrédient très recherché en cosmétique. Il est apprécié pour ses propriétés multifonctionnelles (hydratation, émollience, pénétration, brillance de la crème, toucher velouté…). Et sa demande ne fait que croître. « Nos 13 premiers clients français ont eu une consommation en hausse de 20% sur les 10 premiers mois de 2014 » confie Jacques Margnat, directeur général de Sophim, sachant que la société est aussi très active à l’export puisqu’elle y réalise 80% de son chiffre d’affaires qui devrait atteindre 12,4 millions cette année. En hausse de 14% en 2014, ce chiffre d’affaires pourrait encore progresser de 30% en 2015 grâce à l’intégration de l’usine andalouse. A noter également la possibilité d’utiliser du squalène comme adjuvant pour certains vaccins. Si cette activité se développe, Sophim pourrait même aller jusqu’à la recherche d’une certification BPF.

Outre sa production par extraction végétale, le squalane est aussi proposé en version pétrochimique par le japonais Kuraray et maintenant en version biotechnologique à partir de sucre par l’américain Amyris. Ces deux voies, dont la rentabilité est controversée, se sont développées pour remplacer le squalane dérivé du foie de requin. La voie végétale présente donc une alternative intéressante. « En 10 ans, le squalane d’olive est passé de 15% du marché à plus de 50% du marché mondial de squalane » estime Jacques Margnat.

La montée en puissance du tournesol

En dehors de l’huile d’olive, Sophim s’intéresse à d’autres matières premières végétales comme l’huile de tournesol. « Il est sûr que l’extraction du squalène seul ne pourrait pas être rentable. Ce qui rentabilise l’extraction de squalène à partir de tournesol, de palme ou autre, c’est l’extraction conjointe de squalène, vitamine E et stérols. La vitamine E se vend beaucoup plus cher que le squalane » confie le dirigeant. Mais avant de devenir un producteur de vitamine E, la PME familiale fera une étape intermédiaire, dès 2015, en vendant un concentré de vitamine E venant de son procédé à un producteur japonais ou directement de mélanges, squalane, stérols et vitamine E, pour la cosmétique. « Si tout marche bien, nous construirons une troisième usine qui sera très probablement intégrée à notre usine de Peyruis en Provence. Sachant qu’il n’y a pas de producteur de vitamine E naturelle en Europe, on imagine que ce sera beaucoup de travail et de nouveaux investissements » conclut Jacques Margnat qui espère concrétiser ce projet d’ici deux à trois ans.

Ces projets montrent l’engagement de la PME dans l’innovation. En 2011, ses travaux de recherche avaient été récompensés par un brevet et par le Prix Pierre Potier qui récompense l’innovation en chimie en faveur du développement durable.

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