Singapour se positionne dans l’acide adipique biosourcé

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L’équipe de chercheurs de l’IBN de gauche à droite : Dr Ting Lu, Dr Yugen Zhang, Dr Xiukai Li et Dr Guangshun Yi.
L’équipe de chercheurs de l’IBN de gauche à droite, Dr Ting Lu, Dr Yugen Zhang, Dr Xiukai Li et Dr Guangshun Yi.

Faire des vêtements à partir de sucre, c’est ce que projettent des chercheurs de l’Institut de bioingénierie et nanotechnologie (IBN) de Singapour. Ils ont développé un nouveau procédé chimique permettant de produire de l’acide adipique directement à partir de sucre. L’acide adipique est un intermédiaire du nylon ou polyamide 6,6 qui est utilisé pour les vêtements et autres produits de consommation courante comme des tapis, des cordes ou des poils de brosse à dent. A ce jour, l’acide adipique est obtenu par voie fossile par un procédé d’oxydation de l’acide nitrique qui émet de grandes quantités d’oxydes d’azote, un gaz à effet de serre important.

Un passage par l’acide mucique

Le nouveau procédé propose de produire de l’acide mucique à partir de sucre ou de pelures de fruits riches en pectine, puis de le convertir directement par voie catalytique en acide adipique par une réaction de deoxydeshydratation avec un rendement pouvant atteindre les 99%. Selon l’IBN, la réaction est simple à mettre en œuvre, efficace et conduite selon les principes de la chimie verte. Ils expliquent qu’actuellement les procédés étudiés pèchent soit par leurs conditions réactionnelles sévères (haute pression, acide fort), soit par le multiplication des étapes qui pénalisent le rendement.
Pour le Dr Yugen Zhang, qui dirige le groupe de recherche chimie verte et énergies à l’IBN, « ce travail montre l’énorme potentiel de développement de l’acide adipique biosourcé. Nous sommes ravis que notre nouveau protocole puisse convertir efficacement l’acide adipique à partir de sucre et nous rapproche un peu plus vers l’industrialisation. Pour compléter le développement de cette technologie verte, nous travaillons maintenant sur l’utilisation de biomasse brute comme matière première ». Cette découverte a été publiée récemment dans la revue de chimie Angewandte Chemie International Edition. Le travail a été financé par une subvention de l’A*STAR Science and Engineering Council dans le cadre de l’aide au développement de produits chimiques issus de la biomasse à Singapour. Pour l’heure sur ce sujet de l’acide adipique biosourcé, les acteurs déclarés sont principalement les sociétés américaines Rennovia, Verdezyne et Genomatica.

Un portefeuille de technologies vertes à industrialiser

Le groupe du Dr Yugen Zhang détient également des brevets de conversion de sucres en d’autres grands intermédiaires de la chimie, tels que le 5-hydroxyméthylfurfural (HMF) et l’acide furfural dicarboxylique (FDCA). Ce dernier est par exemple pressenti pour fabriquer des matières plastiques telles que des polyesters. IBN vise maintenant des collaborations industrielles pour commercialiser son portefeuille de technologies vertes.

 

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