Sanofi démarre la production d’artémisinine à grande échelle

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Le groupe pharmaceutique Sanofi et le programme de développement de médicaments de PATH, mis en place dans le cadre d’un partenariat avec OneWorld Health, viennent de lancer la production à grande échelle d’artémisinine semi-synthétique sur le site de Sanofi à Garessio, en Italie. L’artémisinine est le principe actif clé des associations thérapeutiques à base d’artémisinine (ACT), considérées par l’Organisation mondiale de la Santé comme le traitement antipaludéen le plus efficace disponible à l’heure actuelle. L’approvisionnement en artémisinine naturelle (dérivée de l’armoise annuelle) ne suffisant pas toujours à répondre aux besoins, « l’existence de multiples sources d’artémisinine de grande qualité renforcera la chaîne d’approvisionnement de ce principe actif, contribuera à stabiliser son prix et permettra de garantir la disponibilité des traitements pour les personnes souffrant de paludisme » explique Sanofi qui a reçu le prix scientifique Pierre Potier en 2012 pour cette innovation.

Un produit issu de la biologie de synthèse

La découverte d’une voie d’obtention d’artémisine semi-synthétique s’appuie sur le travail avant-gardiste mené par le Dr Jay Keasling dans la biologie de synthèse et l’Université de Californie à Berkeley. Il a également réuni une équipe de partenaires privés et publics, dont Sanofi et Amyris, spécialiste de biologie de synthèse.

D’un point de vue industriel, le site Sanofi de Garessio ne réalisera pas l’étape de fermentation, puisque la production d’acide artémisinique par fermentation sera réalisée par Huvepharma en Bulgarie. A Garessio, Sanofi réalisera la transformation d’acide artémisinique en artémisinine par photochimie. L’objectif de Sanofi est de produire 35 tonnes d’artémisinine en 2013 et 50-60 tonnes en moyenne en 2014. Il permettra de satisfaire en bonne partie la demande du marché et de garantir la production de 80 à 150 millions de traitements ACT.

Par ailleurs, Sanofi s’engage à produire de l’artémisinine semi-synthétique dans le cadre d’un modèle à prix coûtant, de manière à le proposer à faible prix aux pays en développement.

Le développement d’un nouveau procédé de fabrication industrielle pour produire une source complémentaire d’artémisinine avait débuté il y a neuf ans piloté par OneWorld Health et financé par la Fondation Bill et Melinda Gates.

 

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