Rencontre avec Norbert Patouillard de Pennakem Europa SAS

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Norbert Patouillard, directeur des ventes Europe et Amérique du Sud de Pennakem Europa SAS

Norbert Patouillard, directeur des ventes Europe et Amérique du Sud de Pennakem Europa SAS depuis octobre 2011, détaille la stratégie de la filiale de Minafin spécialisée dans l’utilisation du furfural dans les secteurs des solvants et des intermédiaires de synthèse.

 

Pennakem a été créé après l’acquisition de Penn Specialty Chemicals par Minafin. Quel bilan dressez-vous de ces premières années ?

Norbert Patouillard : À la création de Pennakem en 2008, nous ne partions pas de rien. Nous avons bénéficié d’une activité ayant plus de soixante ans d’expertise autour du furfural. Néanmoins, l’activité de Penn Specialty Chemicals connaissait une stagnation. Entre 2000 et 2005, les ventes annuelles s’établissaient à 15 millions de dollars en moyenne annuelle sur la période. Depuis, les ventes n’ont cessé de croître pour s’établir à environ 50 M$ projetés en 2012. Notre objectif est d’atteindre 75 M$ de ventes d’ici deux à trois ans. Nous ne somme, bien sûr, pas parvenus à cette progression avec un simple maintien de l’activité. Au cours des dernières années, les équipes de Pennakem ont travaillé au développement de nouvelles gammes de produits autour de la valorisation de la biomasse.

Quels sont les marchés sur lesquels est présent Pennakem ?

N.P. : Nous sommes les spécialistes du furane. Nous sommes principalement présents sur deux segments : les solvants et les intermédiaires de synthèse. Et de manière anecdotique, nous développons le troisième segment des monomères. Nous sommes en phase de projets et de développement sur ce segment. Les monomères renouvelables ont le vent en poupe chez les polyméristes. Notre objectif est de développer des monomères furaniques qui pourront se substituer aux monomères pétrochimiques. Dans les domaines des polymères et des solvants, le noyau furanique pourrait être une alternative aux produits pétrochimiques dans des applications à gros volumes. Notre taille ne nous permettra pas d’être l’acteur principal de ce marché, mais nous voulons faire valoir notre expertise.

 Quels sont les axes de développement envisagés ?

N.P. : Nous faisons partie du groupe Minafin et l’objectif est de développer des synergies dans le groupe, plus particulièrement avec Minasolve qui est aussi en phase de croissance et ne possède pas réellement d’outils de production. Cela nous amène à regarder ce qui serait possible dans le domaine de la cosmétique. Nous travaillons également à pousser nos solvants verts pour de nouvelles applications, voire développer de nouveaux solvants. Notre 3e axe de développement repose sur la synthèse d’intermédiaires et d’ingrédients actifs pour la filière de l’agrochimie. Nous avons la volonté d’être plus présents. En parallèle de ces axes, nous voulons développer de nouveaux usages de la biomasse de façon à étoffer notre gamme de produits. Aujourd’hui, nous achetons le furfural issu de la rafle de maïs et de la bagasse de canne à sucre. Nous regardons les autres sources de biomasse et nous ne nous fermons pas à l’usage d’autres synthons. Néanmoins, nous ne démarrerons pas de zéro. Nous analyserons une combinaison entre notre outil technologique et l’utilisation d’une certaine biomasse. Notre force réside dans notre expertise en catalyse hétérogène, et notamment en hydrogénation catalytique, en amination réductive et dans la transformation de cycle par voie thermolytique ; couplés à une forte capacité de distillation pour notre activité solvant.

Vous disposez d’un site de production à Memphis (Tennessee). Avez-vous d’autres projets de sites dans le monde ?

N.P. : Aujourd’hui, nous développons notre présence en Europe et en Asie. En 2012, sur les 50 M$ de ventes prévues, 28 M$ ont été réalisés aux États-Unis, 16 M$ en Europe et 6 M$ en Asie. Cependant, nous n’avons pas de projets de nouveau site. Le site de Memphis présente de nombreuses possibilités d’augmentation de capacités de production. Par exemple, sur le segment solvant, nous produisons 5 000 à 6 000 tonnes par an de solvants de spécialités. Nous aurions la possibilité de fabriquer du THF à hauteur de 30 000 t/an. En effet, ce produit était fabriqué sur le site jusqu’à son arrêt, du fait de la concurrence du THF pétrochimique et de l’Asie. L’outil a été arrêté et gardé sous cocon. De même pour les intermédiaires de synthèse. Nous possédons un site multiservice qui tourne aujourd’hui à 100 %. Un investissement en cours de plusieurs millions de dollars vise à agrandir les lignes de production et réhabiliter des bâtiments qui n’étaient plus utilisés. Sur les deux dernières années, nous avons investi entre 2,5 et 4 millions de dollars. Et ces investissements pourraient augmenter en fonction de la demande. Nous avons des capacités non utilisées. Notre politique est d’utiliser l’existant pour le réhabiliter pour un usage multiproduits ou, selon les cas, d’apporter de nouveaux outils technologiques en parallèle.

 

Pennakem Europa SAS en bref

Création après avoir rejoint le groupe Minafin en 2008

Nombre d’employés : environ 140 personnes dont une en Europe

Un site de production aux États-Unis

Quantité de furfural utilisé chaque année : environ 20 000 Mt

Gammes de produits : furane et tetrahydrofurane (THF), dérivés furanes mono-substitués, dérivés furanes di- et tri-substitués ; dérivés dihydro- et tétrahydrofuraniques ; produits non furaniques ; produits non furaniques obtenus à partir de la chimie des furanes.

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