Réflexion autour d’une définition

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Qu’est-ce qu’un tensioactif biosourcé ? La question est posée par la Commission européenne qui s’est fixée comme objectif de faire de l’Europe la 1ère bioéconomie* du monde à l’horizon 2020. Différentes catégories de tensioactifs peuvent en effet cohabiter du 100% fossile au 100% biosourcé, en passant par des structures mixtes. Un tensioactif se compose en effet d’une tête hydrophile, d’une tête hydrophobe et d’un linker. Or ces trois types de molécules peuvent trouver des représentants parmi les matières premières fossiles ou les matières végétales. Par ailleurs, ces tensioactifs, peuvent être produits (ou non) selon des procédés respectant les principes de la chimie verte, avec des analyses de cycle de vie (ACV) plus ou moins favorables et présenter des profils (éco)toxicologiques variés. D’où l’importance d’arriver à un consensus européen dans leur définition. C’est ainsi que la Commission Européenne a mandaté le Comité Européen de Normalisation (CEN) pour s’acquitter de cette mission en élaborant une série de normes. Dans la pratique le travail de normalisation pour les tensioactifs biosourcés ou biosurfactants va se jouer au sein de la commission CEN/TC-276 (dont le secrétariat est l’AFNOR), présidée par Dr. Christophe Séné de chez Stepan Europe. Cette commission devrait travailler en collaboration avec le CESIO au niveau européen et l’Aspa-Ingrecos en France et disposera d’environ trois ans pour mener à bien ce projet. Une fois que les normes sur les bioproduits et notamment les biosurfactants auront vu le jour, renfermant une définition et des propositions de vérifications analytiques, la Commission européenne devrait mettre en place des outils pour permettre le développement du marché de ces tensioactifs, tandis que la recherche pourrait être soutenue dans le cadre du 8ème PCRD. « Les tensioactifs sont des produits importants car ils sont à la base notamment des produits lessiviels et cosmétiques et peuvent avoir un impact important sur l’environnement » justifie le Dr. Christophe Séné.

A noter que d’autres familles de produits, comme les biolubrifiants ou les bioplastiques, ont déjà démarré leur processus de définition et normalisation au sein d’autres commissions du CEN. Du coup, la Commission européenne a été sollicitée pour organiser une harmonisation entre les définitions proposées par les différentes professions (la nouvelle commission CEN/TC-411 est la structure horizontale qui traite de tous les produits biosourcés). Le Cefic étude également la pertinence de créer un groupe de travail transversal sur ce thème des bioproduits afin de faciliter l’harmonisation inter-sectorielle.

*économie basée sur la biomasse non-fossile. 

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