Recyclage : Carbios réussit à dépolymériser à 100% le PET

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Jean-Claude Lumaret, directeur général de Carbios.
Jean-Claude Lumaret, directeur général de Carbios.

Après de premiers succès remportés sur la dégradation du PCL (polycaprolactone) et du PLA (acide polylactique), Carbios annonce avoir réussi à dépolymériser à 100% du PET (polyéthylène téréphtalate). La société basée en Auvergne a utilisé sa technologie de biodégradation. Elle consiste à inclure des enzymes spécifiques dans le polymère qui pourront induire par la suite une dépolymérisation à la demande. Dans le cas du PET, cette technologie conduit à l’obtention des monomères d’origine, le TPA (acide téréphtalique) et l’EG (éthylène glycol)

Ce nouveau succès est encore obtenu dans le cadre du projet Thanaplast qui est le fruit d’une étroite collaboration menée avec les équipes toulousaines de l‘INRA, de TWB et du laboratoire LISPB de l’INSA de Toulouse.

Une production de 26 millions de tonnes de PET attendue en 2020

Le PET est un polyester d’origine fossile qui peut être éventuellement partiellement biosourcé si on utilise dans sa formule de l’éthylène glycol biosourcé. Il représente une production mondiale de 21 millions de tonnes en 2014 qui pourrait plus que doubler en 2020 pour dépasser les 26 millions de tonnes, selon SRI Consulting. Ce matériau est principalement utilisé pour la fabrication de bouteilles (69% des plastiques PET), suivi des films (14%), des emballages (10%) et autres applications. Les propriétés du PET (flexibilité, transparence, résistance thermique, légèreté, durabilité) en font le matériau privilégié par la majorité des fabricants mondiaux de bouteilles plastiques.

Retour aux monomères de départ

C’est un polymère que l’on sait déjà recycler par des technologies de tri et de lavage très minutieuses pour conduire au rPET. Mais cette nouvelle résine reste très sensible à la contamination par d’autres polymères ou des impuretés qui dégradent rapidement ses propriétés. D’où l’intérêt de la dépolymérisation. Il permet de revenir à des monomères d’origine faciles à purifier qui peuvent ensuite être repolymérisés et conduire à nouveau à une résine vierge.

Ces résultats obtenus en laboratoire doivent maintenant laisser la place à une phase de développement de procédé à l’échelle pilote. « Nous menons par ailleurs des discussions avec de nombreux acteurs de la filière de sorte à porter prochainement notre innovation à l’échelle industrielle » a précisé Jean-Claude Lumaret, directeur général de Carbios.

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