FUI : le projet Green Epoxy, alternative sylvicole au bisphénol A, retenu

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Labellisé par les pôles Trimatec, IAR et Axelera, le projet Green Epoxy a été retenu dans le cadre du 18ème appel à projets FUI. Porté par la filiale de PCAS, Protéus, société de biotechnologie spécialisée dans la production d’enzymes et de souches microbiennes, ce projet vise à trouver une alternative non toxique aux résines époxy rigides, à partir de biomasse. Prévu sur une durée de 3 ans, pour un budget total de 2,8 millions d’euros, il bénéficiera d’une aide de 1,2 M€ qui sera apportée par BPI France et les conseils régionaux du Languedoc-Roussillon, de Picardie et de Rhône-Alpes.

Cependant, dans la grande majorité des cas, ces résines époxy sont fabriquées à partir de bisphénol A (BPA), composé classé CMR (cancérogène, mutagène, reprotoxique). Le projet Green Epoxy vise justement à trouver une alternative non toxique à ces résines époxy en substituant le bisphénol par des dérivés de polyphénols non toxiques, issus de biomasse sylvicole.

Dans ce projet, la filiale de PCAS s’est associée en amont à la coopérative Alliance Forêt Bois et à la société Lefrant-Rubco et à différents partenaires académiques : les UMR IATE (fractionnement de la biomasse) et SPO (dépolymérisation des tanins) et l’institut Charles Gerhardt (fonctionnalisation des tanins).

Des utilisateurs finaux viennent compléter en aval cette union avec Diam Bouchage, spécialiste de l’emballage apte au contact alimentaire, Resipoly Chrysor, acteur du revêtement de sols et la société de peintures industrielles Prospa.

«  Ce qui fait la force de ce projet c’est d’avoir des partenaires tout au long de la chaîne de valeur. Il y a de vrais défis à relever pour rendre ces nouveaux produits techniquement et économiquement viables » note Juliette Martin, directrice général de Protéus.

Dans les trois ans, les principaux livrables du projet sont le développement d’une gamme de résines époxy biosourcées et d’un procédé pilote d’extraction et de fonctionnalisation des polyphénols du bois. Au-delà, le consortium vise la création d’une filière locale de production, allant de l’approvisionnement en biomasse jusqu’à la mise sur le marché de résines époxy 100% biosourcées. Des retombées économiques sont attendues en termes de chiffre d’affaires pour les utilisateurs finaux qui sont dans une logique de substitution de leurs produits actuels par des produits biosourcés. Les retombées en termes d’emplois sont estimées à 24 emplois, 5 ans après le démarrage du projet.

Les partenaires industriels
– Alliance Forêt Bois est une coopérative qui accompagne les sylviculteurs dans leur gestion et l’exploitation de leur patrimoine forestier.
– Lefrant-Rubco, un des leaders mondiaux de l’industrie des factices, des additifs bio-sourcés pour l’industrie du caoutchouc.
– Resipoly Chrysor fabrique des revêtements de sols industriels et sportifs à base de résines thermodurcissables (époxy ou polyuréthane), coulées sans joint.
– Diam-Bouchage fabrique et commercialise des bouchons micro-agglomérés.
– Prospa est un concepteur français de peintures industrielles pour l’automobile, le secteur agricole, les fonderies et autres supports métalliques.

Les partenaires académiques
– L’Institut Charles Gerhardt (ICG), institut de Chimie Moléculaire et des Matériaux de Montpellier, est né du regroupement de six UMR. Il est organisé en dix équipes de compétences qui représentent 230 permanents et accueillent en moyenne plus de 180 non-permanents (doctorants, post-doctorants, invités….).
-L’Unité Mixte de Recherches Ingénierie des Agro-polymères et Technologies Émergentes (UMR IATE) est une unité constituée d’équipes de l’INRA, du CIRAD, de l’Université Montpellier II et de SupAgro. Elle a pour objectif général de contribuer à l’amélioration des connaissances sur les fonctionnalités des produits végétaux et de leurs constituants en vue d’augmenter leurs performances tant pour des usages alimentaires que non alimentaires.
– L’Unité Mixte de Recherches Sciences Pour l’Œnologie (UMR SPO) regroupe 75 chercheurs et enseignants-chercheurs de l’INRA, Montpellier SupAgro et Université Montpellier 1, ce qui en fait l’un des grands pôles internationaux de recherche pour la filière œnologique.

 

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