Produits biosourcés : BASF collabore avec Amyris

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FarneseneLe groupe BASF s’engage un peu plus dans le domaine de la chimie biosourcée. Il vient d’entamer un partenariat de R&D avec la société américaine Amyris, spécialisée dans la biologie de synthèse et la mise au point de microorganismes capables de fabriquer des produits chimiques à partir de sucres. Cette voie offre une alternative à la production de substances chimiques sur base fossile. Amyris explique qu’il sera chargé de mettre au point un microorganisme, génétiquement modifié, pour la production d’une molécule cible qui intéresse tout particulièrement BASF. Selon le succès rencontré par ces recherches communes, les deux entreprises pourraient étendre le champ de leur collaboration. Pour l’heure, il n’y a pas d’informations fournies sur la molécule qui intéresse BASF. Mais on peut examiner le portefeuille d’Amyris pour se faire une idée de ses spécialités.

Le farnésène, molécule plateforme
La principale molécule plateforme développée par Amyris est le farnésène, hydrocarbure insaturé de la famille des terpènes (C15H24). Sur ce produit reposent par exemple une co-entreprise avec Total pour la production de carburant, un partenariat avec Kuraray dans des polymères pour l’industrie des pneus, un partenariat avec Givaudan dans les arômes et parfums, un autre avec le brésilien Cosan dans les lubrifiants. Mais la liste des partenariats ne s’arrête pas là. Amyris travaille également sur un isoprène renouvelable (encore un hydrocarbure insaturé en C5) avec Michelin et fait état de partenariats avec deux autres grands fournisseurs d’arômes et parfums IFF et Firmenich, sans communiquer sur les molécules visées (mais peut-être des dérivés terpéniques). Amysis est aussi un producteur de squalane, hydrocarbure insaturé en C30, utilisé comme émollient pour la cosmétique.
Et rappelons qu’à ses débuts, la société a collaboré avec succès avec Sanofi à l’élaboration d’un nouveau procédé de production d’artémisinine (paludisme), en passant par un acide artémisinique produit par fermentation. Ici on est sur une structure oxygénée (C15H22O2), mais encore sur un squelette en C15 comme de farnésène.

BASF se déploie dans le biosourcé
Pour ce qui est de BASF, fin décembre 2013, il a apporté son soutien à la start up américaine Renmatix pour la phase d’industrialisation de son procédé Plantrose  de production de sucres en C5 ou C6 à partir de biomasse non alimentaire. Fin septembre, il avait lancé une OPA en vue d’acquérir le fabricant d’enzyme américain Verenium. En mai, il avait été le premier à acheter une licence à Genomatica pour production du 1,4-butanediol biosourcé. A cela s’ajoutent de multiples partenariats. Avec Cargill et Novozymes, il travaille sur l’acide acrylique biosourcé. Avec Purac, il a déjà créé un joint-venture qui vise à produire de l’acide succinique biosourcé.

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