Polymères biosourcés : Améliorer les propriétés pour l’industrialisation

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Le pôle de compétitivité IAR a organisé une journée technique sur les polymères biosourcés le 22 septembre. Rassemblant acteurs de la recherche académiques et industriels, cet événement a constitué l’occasion de faire le point sur les avancées en matière de polymères issus de la biomasse et en voie de développement. Ainsi, la série de conférences a évoqué les différents drivers qui soutiennent le marché actuel des polymères issus de la biomasse. « Il existe plusieurs tendances portant l’implantation des polymères biosourcés : la demande sociétale, la demande de la supply chain due à l’instabilité des cours du pétrole, un meilleur coût de production des intermédiaires nécessaires (tels que l’acide succinique pour le PBS), les nouvelles fonctionnalités ou propriétés apportées par les polymères biosourcés, et enfin la réglementation », indique Jean-Michel Brusson, délégué scientifique chez Total en charge des biotechnologies, de la biomasse et de la catalyse de polymères.

Optimiser la tenue à la transformation des biopolymères

La série de conférences a été l’occasion pour les participants de s’informer et de discuter des travaux autour des relations structure-propriété de polymères issus de la biomasse (lignocellulosique, saccharifère ou oléagineuse). Pour optimiser l’utilisation de ce type de composé, il est possible d’y adjoindre des additifs (de préférence durables) pour accroître leur tenue à la température ou leur résistance mécanique. « Par exemple, le PBS possède des propriétés thermiques et mécaniques (à la rupture) comparables à celles du polyéthylène. Cependant, il se révèle moins pratique à extruder », explique Françoise Fenouillot, professeur à l’Insa de Lyon. Avant de poursuivre : « Dans le cadre des projets FUI Thalia, le laboratoire est parvenu à améliorer son application en injection et extrusion notamment en incorporant un additif, un allongeur de chaîne et du PLA ». De son côté, la structure poitevine Valagro Carbone Renouvelable a expliqué les écueils de l’utilisation du PLA en plasturgie. « Il est possible d’améliorer les propriétés du PLA (tenue à chaud, résistance aux chocs, perméabilité aux gaz, sensibilité à l’hydrolyse) en travaillant sur la formulation. Des solutions techniques existent déjà mais elles ne sont pas encore adaptées en matière de coût ou de teneur en biocarbone », indique Cédric Dever, directeur scientifique de Valagro.

L’événement organisé par le pôle IAR a également constitué l’occasion pour présenter les  projets de R&D en cours sur les polymères biosourcés. Ainsi, l’Institut Charles Gerhardt de Montpellier a pu présenter les études réalisées sur l’utilisation de tanins pour la substitution de bisphénol A dans le cadre du projet Green Epoxy, programme retenu lors du 18e appel à projets FUI. Le Limat Bretagne a exposé ses travaux dans le cadre du programme BlueEcoPHA lancé en mai, et visant à produire du PHA à l’aide de bactéries marines. L’université Claude Bernard Lyon I a, quant à elle, évoqué le projet de R&D SOragO, lauréat du 15e appel à projets des pôles de compétitivité. Il a pour objectif de travailler sur la réduction de l’impact environnemental des peintures industrielles, en particulier pour le coil coating en métallurgie.

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