Polaris monte en échelle

Partager cet article avec :

Sa récente usine offre de nouvelles capacités à la société bretonne pour se développer à l’international avec ses dérivés d’huiles de poisson, mais aussi sa technologie de chimie verte, basée sur la distillation moléculaire.

Polaris a développé un savoir-faire autour de la distillation moléculaire.

Spécialisée dans la valorisation des ressources marines riches en Oméga 3, la société bretonne a entamé ces dernières années un nouvel axe de développement : la chimie verte. Créée en 1994 autour d’un brevet sur l’enrichissement enzymatique des acides gras Oméga 3, Polaris mise sur les technologies de production propres. L’obtention en 2011 du prix Pierre Potier pour son procédé de concentration d’huile de bourrache est venue confirmer cette stratégie. « À partir d’huile de bourrache naturelle qui contient 20 % d’acide gamma linoléique (GLA), nous réalisons d’abord un enrichissement enzymatique naturel avant une distillation moléculaire. Nous obtenons alors de l’huile de bourrache à 40 % de GLA. Nous augmentons ainsi son pourcentage d’actif sans utiliser de solvant », détaille Benoît Lennon, chef de projet R&D de Polaris. La mise au point de ce procédé a été réalisée par les équipes R&D de Polaris qui mise sur l’innovation interne. « Nous avons deux types de projets de R&D. D’abord ceux pour répondre à une problématique d’un client. Les développements sont ciblés et rapides. Puis, nous avons nos propres développements d’actifs. Il faut être plus intuitif et cela peut prendre du temps. Le budget est également plus important. Pour ces projets, nous sommes assez prudents, nous réalisons des études de marché, etc. Nous allons chercher des actifs à très haute valeur ajoutée à une cadence de deux produits par an », indique le président et cofondateur de Polaris, Stéphane Lozachmeur. Les équipes de R&D travaillent actuellement sur un « acétone-like », un solvant issu d’huiles marines pour la fabrication de résines d’agrocomposites, et sur une huile d’argan, habituellement à l’odeur « graineuse », sans odeur. La désodorisation des composés est réalisée grâce à la technique de distillation moléculaire mise au point par Polaris. Comme toute distillation, elle permet d’évaporer les composés et de les séparer en fonction de leur volatilité. La technique utilisée par les équipes bretonnes repose sur un évaporateur à film raclé et sur une distillation à court trajet. « Le produit est flashé. Nous n’avons donc pas de perte de vide et une distillation très fine. Nous l’utilisons pour des désodorisations, des décolorations, de la désacidification du fractionnement de cire, de la décontamination, etc. Ce procédé est doux pour les molécules thermosensibles, sans solvant et sans rejet pour l’environnement », indique Gildas Breton, directeur général délégué et cofondateur de Polaris.

Un investissement de 11 M€ pour une usine

Et pour développer ses capacités de production, Polaris s’est dotée d’une usine à grande capacité en 2012. Avec un investissement de 11 mil­lions d’euros, Stéphane Lozachmeur espère multiplier par cinq le chiffre d’affaires (confidentiel) de Polaris. Située à quelques kilomètres du siège de Pleuven, cette usine compte trois activités : le raffinage des huiles de poisson essentiellement, l’enrichissement enzymatique et la distillation moléculaire. « Sur le site de Pleuven, nous concentrons les étapes de R&D et de montée en échelle jusqu’à des lots de 500 kg à 1 tonne, pour la distillation moléculaire », détaille Gildas Breton. Pour les capacités allant jusqu’à 15 t/j d’huile raffinée, et 2 à 5 t/j en distillation moléculaire, l’usine de la Grande Halte prend le relais. Le bâtiment de 4 000 m2 a été pensé pour permettre une grande souplesse, afin « d’adapter le traitement de l’huile en fonction des besoins. Nous pouvons passer de l’enrichissement enzymatique à la distillation moléculaire très aisément. Et nous conservons un espace pour augmenter les capacités », détaille le directeur industriel, Stéphane Durand. Et Gildas Breton souligne la mise en place de filières pour la valorisation des coproduits et déchets. « La stéarine, partie concrète de l’huile issue du raffinage, est destinée à l’alimentation animale. La distillation produit notamment des esters éthyliques. Ce sont des équivalents du diester pour lesquels nous sommes à la recherche d’une filière de valorisation », glisse-t-il.

Avec ses développements de procédés et ses augmentations de capacités, Polaris amorce maintenant une phase d’internationalisation. « Nous avons déjà des distributeurs en Allemagne, Pologne, Hongrie, Italie, Iran, Malaisie et Japon. Nous visons les États-Unis, l’Australie, la Chine et la Corée du Sud. À la fin de l’année 2013, nous serons à 40 % d’export. Il s’agit d’un levier de croissance essentiel pour notre activité », conclut Stéphane Lozachmeur.

 

Polaris en chiffres

Création en 1994

Effectif : 48 employés

Chiffre d’affaires : confidentiel

Brevets : 6

Portefeuille de produits : environ 280 dont 10 % issus de la chimie verte

3 sites de R&D et production

1 filiale au Canada : Ocean Nutrasciences Canada

Activités : 30 % de prestations à façon et 70 % d’actifs développés en interne

Partager cet article avec :