POET-DSM démarre une unité d’éthanol cellulosique aux Etats-Unis

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La nouvelle unité de POET-DSM à Emmetsburg, dans l’Iowa.
La nouvelle unité de POET-DSM à Emmetsburg, dans l’Iowa.

POET-DSM Advanced Biofuels, joint-venture entre le groupe chimique néerlandais DSM et le producteur américain d’éthanol POET, vient de procéder à l’inauguration de sa première usine commerciale d’éthanol cellulosique à Emmetsburg, dans l’Iowa. Baptisée Projet Liberty, cette usine qui aura coûté 275 millions de dollars permet de prouver que la production de carburants de deuxième génération n’est plus une fantaisie de technologues, « mais devient une réalité », selon Jeff Broin, président-fondateur de POET. Cette unité utilise une technologie qui convertit par la biotechnologie des résidus agricoles en carburant renouvelable, par exemple des résidus de la production de maïs (feuilles, tiges, épis laissés dans les champs…). À pleine capacité, elle permettra de convertir 770 tonnes de biomasse par jour pour produire de l’éthanol à raison de 75 à 100 millions de litres par an.

Des aides publiques
« C’est un jour historique qui marque la viabilité des usines d’éthanol à partir de résidus cellulosiques pour la production d’essence. Nous passons de l’âge du fossile à l’âge du renouvelable » a déclaré Feike Sijbesma, président de DSM. La société a lourdement investi pour démontrer la performance de sa technologie à l’échelle industrielle. Elle se prépare maintenant à la diffuser à travers le monde par le biais de la vente de licences. Sous réserve de changements dans les soutiens publics apportés aux Etats-Unis et dans le reste du monde dans l’éthanol cellulosique, POET-DSM estime pouvoir dégager un chiffre d’affaires d’environ 250 millions de dollars à l’horizon 2020, de la vente de licences.
Si les deux partenaires ont pris des risques pour porter cette nouvelle technologie à l’échelle commerciale, ils ont toutefois reçu d’importants soutiens financiers des pouvoirs publics. Le ministère américain de l’Énergie (DOE) a octroyé 100 millions de dollars de subventions pour soutenir les coûts d’ingénierie et de construction, ainsi que la mise en place d’infrastructures de collecte de biomasse dans un rayon de 70 km. L’État de l’Iowa a apporté 20 M$ de subventions et le ministère de l’Agriculture (USDA) 2,6 M$. Les agriculteurs tireront au passage 20 M$ de revenus de la vente de leur biomasse. Il convient également de citer le rôle déterminant du RFS (Renewable Fuel Standard) qui a encouragé une augmentation des investissements dans les biocarburants avancés et emmené les Etats-Unis vers un taux d’incorporation de bioéthanol dans les essences au delà de 10%.

Une première usine en Italie

La production de carburants de deuxième génération est une technologie qui monte. Selon l’IFP Energies Nouvelles, entre 2008 et 2013, le nombre de pilotes et de démonstrateurs existants, ou en construction, a quasiment triplé. L’institut a recensé plus de 80 projets dans le monde dans l’éthanol cellulosique (une vingtaine d’autres portent sur le biodiesel et le biokérosène). Le stade commercial a été franchi en 2013 avec l’usine de Beta Renewables (80 000 m3/an) basée à Crescentino en Italie. De son côté, le DOE considère l’Indian River County BioEnergy Center en Floride, supporté par Ineos Bio, comme la toute première unité commerciale d’éthanol cellulosique aux Etats-Unis. Le Projet Liberty n’arriverait qu’en deuxième position. La France, quant à elle, porte le projet Futurol, financé dans le cadre des AMI de l’Ademe. La voie retenue est celle de la biotechnologie, avec une promesse d’offre commerciale en 2016.

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