Microalgues : Pilote en vue pour le projet SymBIO2

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La projet In-VivO vise à construire une résidence étudiante dans le 13e et à fédérer un programme de recherche sur des actifs contenus dans le microalgues.
SymBIO2 pourrait déboucher sur la construction d’une résidence étudiante dans le 13e arrondissement et le lancement d’un programme de recherche sur des actifs contenus dans le microalgues.

Le projet SymBIO2, qui propose de cultiver des microalgues sur les façades de bâtiments (usines, immeubles de travail ou d’habitation) en symbiose énergétique et chimique avec le bâtiment hôte, suit son calendrier. Né en 2007 d’une réflexion du cabinet d’Architectes XTU (Anouk Legendre & Nicolas Desmazières), il avait décroché en 2013 un financement du Fonds Unique Interministériel (FUI) de 1,7 M€ (sur un total de 4,9 M€), dans le cadre du 15e appel à projets des pôles de compétitivité pour la construction d’un premier pilote. Aujourd’hui, après deux années de recherche et d’études, Olivier Scheffer, directeur R&D chez XTU et coordinateur du projet, annonce le démarrage de la construction du pilote avec l’installation de 200m2 de biofaçades sur un bâtiment du site du CSTB à Champs-sur-Marne (77), qui fournit son soutien à l’expérimentation.

Outre XTU, le projet SymBIO2 regroupe le laboratoire GEPEA (UMR CNRS / Université de Nantes / ONIRIS / Ecole des Mines de Nantes), à l’origine de la technologie de photobioréacteurs plans, AlgoSource, Séché Environnement, Viry (Groupe Fayat), spécialiste des ouvrages et façades complexes, à l’origine de la nouvelle canopée des Halles, les bureaux d’études R.F.R, OASIIS, Kalitec Génie climatique et enfin le CSTB. Ce pilote sera mis en service en 2016.

Des murs rideaux constitués de photobioréacteurs

S’il existe déjà un immeuble à Hambourg où sont apposés des photobioréacteurs en façade, Olivier Scheffer explique que le projet de SymBIO2 est différent dans la mesure où il vise à mettre au point des « panneaux de mur rideau photobioréacteurs » qui seront l’enveloppe même du bâtiment : ils assureront le clos-couvert et les étanchéités du bâtiment, tout en produisant de la biomasse algale. « Il s’agit d’installer des façades de 3e génération qui sont actives thermiquement, productives et plus environnementales, avec la captation du CO2 à la source pour alimenter les microalgues. Une algoculture urbaine verticale et plus durable » ajoute O. Scheffer. En effet, la culture de microalgues entraîne la production de chaleur qu’il convient d’évacuer grâce à des échangeurs thermiques, et qui sera valorisée pour les besoins du bâtiment. Quant à la biomasse algale produite, elle est régulièrement récoltée par vidange des photobioréacteurs, puis séchée jusqu’à l’obtention d’une pâte à 10-15% d’humidité qui est immédiatement congelée. De cette pâte sont ensuite extraits par des tiers des molécules à haute valeur ajoutée. Par exemple, l’usage de la microalgue Haematococcus pluvialis pourrait conduire à la production d’astaxanthine.

Une candidature à l’appel à projets « Reinventer Paris »

En parallèle de l’installation de ce pilote, le cabinet d’architectes a postulé à l’appel à projets « Reinventer Paris » avec BPD-Marignan et le groupe SNI. Il est retenu en finale (sur 50 candidatures initiales) pour la construction de logements dans le 13e arrondissement, dont une nouvelle résidence étudiante équipée de 900 m² de biofaçades à l’horizon 2020. L’originalité du projet, baptisé In Vivo, est qu’il associe également des équipes de chercheurs qui travailleraient sur des actifs produits par les microalgues cultivées sur le bâtiment. Les laboratoires suivants sont partenaires du projet :

  • Le laboratoire GEPEA
  • La COMUE Sorbonne Paris Cité (USPC) , regroupant Paris Diderot, Paris Descartes, ainsi que la Sorbonne Nouvelle, Paris 13, l’EHESP, l’INALCO, l’IPGP et Sciences Po.
  • L’Université Paris Diderot (Paris 7) et son Laboratoire Interdisciplinaire des Energies de Demain (LIED)
  • Le Centre des Sciences Biologico-Chimiques (CNBC – Projet Cent III) de l’Université de Varsovie
  • Enfin, la bio-hackerspace de La Paillasse pourra se joindre à ce groupement académique pour des sujets de recherche ponctuels

Les résultats de l’appel à projet seront connus fin janvier 2016.

 

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