Micro-algues : Fermentalg entre dans une nouvelle ère

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Article paru dans Formule verte n°27

La démission du président-fondateur de la société libournaise, Pierre Calleja, et la nomination de Philippe Lavielle à la présidence du Conseil d’administration marquent une nouvelle étape dans le développement de Fermentalg. La société confirme ainsi ses orientations stratégiques dévoilées au printemps.

Fermentalg produit des molécules d’intérêt grâce aux micro-algues. © Fermentalg

Une page vient de se tourner au sein de la start-up libournaise. Son fondateur et dirigeant, Pierre Calleja, a démissionné de l’ensemble de ses mandats mi-septembre. Celui qui avait commencé à travailler sur la technologie d’exploitation des micro-algues au sein de l’Ifremer en 1999 a créé Fermentalg en 2009. Il passe aujourd’hui la main à Philippe Lavielle qui prend la présidence du Conseil d’administration. La transition avait été amorcée depuis un peu moins d’un an. En décembre 2015, les fonctions de président du Conseil d’adminis­tration et de directeur général avaient été séparées. Pierre Calleja étant accompagné d’Andrew Echatti, nommé directeur général. En mai 2016, Philippe Lavielle, qui accède aujourd’hui à la présidence du CA, avait été coopté « en qualité d’administrateur indépendant » au CA. Une période de transition dont se félicite Philippe Lavielle. « Je tiens avant tout à remercier, au nom de tous les administrateurs, Pierre Calleja pour la réussite de la phase de transition engagée il y a neuf mois et qui a permis de mettre en place une nouvelle gouvernance conforme au potentiel et aux ambitions de la société. » Il ajoute : « Depuis ma nomination comme administrateur en mai dernier, nous avons initié un important travail, en étroite collaboration avec la direction générale, afin de préciser les objectifs stratégiques élaborés début 2016. Je vais désormais m’investir davantage dans le rayonnement stratégique de Fermentalg et le soutien à son équipe de direction ».
Ce changement de gouvernance marque une nouvelle étape pour Fermentalg. L’entreprise passe définiti­vement d’une société de recherche à une société de développement. Le début de l’année 2016 a ainsi été marqué par le franchissement d’un certain nombre d’échelons. En mars, la société a affirmé son ambition de « concentrer ses efforts scientifiques et commerciaux sur cinq molécules d’intérêt ou produits cibles ».
Il s’agit de l’acide gras DHA, de son dérivé DHA+, de la biomasse entière BM Bastille, présentée comme une alternative à la spiruline, du pigment bleu naturel Phycocyanine et du pigment antioxydant Astaxanthine. « Ces cinq molécules, qui trouvent leurs débouchés principalement sur les marchés de la nutrition humaine et animale mais également sur les segments des cosmétiques et de la santé, présentent à l’heure actuelle les caractéristiques et les perspectives de commercialisation les plus attractives au sein du portefeuille de molécules de la société », a indiqué Fermentalg. Et depuis la présentation de cette feuille de route, la start-up a connu des avancées. Le produit le plus abouti, le DHA (acide docosahexaénoïque), devrait être commercialisé avant la fin 2016. Fermentalg en a confié sa production à grande échelle à ARD (Agro-industrie Recherches et Développements). La société libournaise a ainsi investi 2 millions d’euros en équipements et main-d’œuvre sur le site de Bazancourt-Pomacle (Marne). La production devrait démarrer au second semestre après les phases de tests et de montée en échelle, notamment pour la production en fermenteurs de 150 m3. Lors de ses résultats semestriels mi-septembre, la société a également annoncé des négociations en cours d’un contrat de raffinage et de prestation logistique avec un expert du secteur des huiles. La finalisation est attendue au troisième trimestre 2016. La société prévoit ensuite la commercialisation d’une nouvelle molécule chaque année d’ici à 2020, dans l’ordre suivant : DHA+, BM Bastille, Phycocyanine, et Astaxanthine. Ces cinq molécules sont utilisées sur les marchés de la nutrition humaine et animale, des produits pharmaceutiques et cosmétiques. Pour la production de la BM Bastille et de la Phycocyanine, Fermentalg avance notamment la construction de son UDI (Unité de développement industriel) sur son site de Libourne. Avec un investissement total estimé à 23 M€, cette unité devrait entrer en opération en 2018. Fermentalg prévoit la livraison du bâtiment au troisième trimestre 2016.
Ces différents développements s’accompagnent de changements dans la gestion financière de l’entreprise qui compte 60 salariés. « Cette feuille de route a été engagée tout en assurant une gestion financière rigoureuse de l’entreprise afin de maintenir un niveau de trésorerie satisfaisant », indique-t-on dans la société. Sa trésorerie brute au 30 juin s’élève à 22,3 M€ (28,5 M€ au 31 décembre 2015). Au premier semestre 2016, Fermentalg a ainsi réduit ses efforts de R&D (1,2 M€, contre 1,7 M€ sur la même période en 2015). Dans le même temps, l’entreprise a renforcé ses dépenses administratives et commerciales, qui sont passées de 1,8 M€ pour les six premiers mois de 2015 à 1,9 M€ en 2016. Au premier semestre, Fermentalg a enregistré un résultat opérationnel courant négatif qui s’établit à -2,5 M€ et a comptabilisé 3 M€ d’investissement pour l’UDI. La société poursuit ses développements vers la commercialisation de ses premiers produits issus de la fermentation de micro-algues.

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