Mexel développe sa gamme d’émulsions agrosourcées

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Article paru dans le magazine Formule Verte, n°16, novembre 2013

Stabiliser des émulsions agro-sourcées, c’est ce que propose Mexel Industries. La société française développe depuis sa création en 1990 ses gammes d’émulsion pour des applications diverses. « Nous mettons au point des solutions innovantes pour résoudre un problème suite aux demandes d’industriels et de collectivités », indique Alain Huré, directeur technique de Mexel. La société a été créée autour d’une technologie brevetée de production de micro-émulsions. « Nous proposons des émulsions stables qui peuvent tenir plus de cinq ans », détaille le directeur technique qui souligne que le développement et la production sont réalisés dans l’Oise à Verberie. Si les premiers produits n’étaient pas biosourcés, la société affichait déjà une volonté de développement durable. Elle a ainsi commercialisé « une émulsion pour remplacer le chlore dans les circuits d’eau de refroidissement, avec notamment des applications dans des centrales électriques. Pour ce produit biodégradable, nous avons obtenu l’accord de nombreux pays pour autoriser les rejets en mer », souligne Alain Huré. Le Mexel 432 permet en outre de protéger ces circuits des encrassements organiques, de la corrosion et du tartre. Pour ce produit, Alain Huré cite d’illustres utilisateurs, comme l’Opéra de Sydney (Australie), le Pentagone aux Etats-Unis ou encore près de la moitié des circuits de refroidissement des immeubles d’Hong-Kong.

Cinq ans de R & D

La société a ensuite mis au point des émulsions biosourcées. « Il nous a fallu 5 ans pour faire des émulsions stables à partir d’huile de colza », explique le directeur de Mexel. Ces émulsions sont notamment utilisées pour le démoulage des bétons. « Des huiles minérales et des hydrocarbures sont communément utilisés pour cette opération. Nous proposons une émulsion de colza stable, non dangereuse pour les utilisateurs et pour l’environnement », indique Alain Huré. La gamme AquaMexOil est ainsi proposée pour des applications dans le BTP. Dans un autre domaine d’application, le Mexagri à base d’huile de colza a été autorisé par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) pour des essais en tant qu’adjuvant phytosanitaire pour le traitement des bananes dans les Antilles. L’utilisation de cette émulsion permettrait de réduire les doses de phytosanitaires et d’améliorer leur efficacité. La société mène aujourd’hui un projet de R&D sur la mise au point d’émulsions d’huiles de sésame et autres végétaux pour remplacer certains produits en agriculture biologique.

Applications dans le domaine pétrolier

Un autre axe de travail concerne le domaine des hydrocarbures. La société a développé la gamme Mexel Hydrocarbures. « Lors du stockage, les carburants se dégradent du fait de leur instabilité. En outre, quand on utilise un carburant qui n’est pas stable, il brûle moins bien et l’utilisateur pollue plus », constate Alain Huré. Le MexDiesel et le MexFuel ré-émulsionnent et stabilisent les carburants sans en changer la norme, ce qui permet d’améliorer l’utilisation. « Le carburant brûle mieux, et cela encrasse moins le moteur. Sur un camion, nous arrivons à réduire de 4 % les émissions de CO2, de 14 % celles des NOx et de 3 % la consommation de carburant », indique le directeur technique.

Enfin, la société s’oriente également sur l’association de la chimie verte et de la biologie. « Nous développons aujourd’hui un gamme nommé BioSynertec qui repose sur les interactions entre chimie verte et biologie. Les produits concernent des applications liées à l’environnement. Nous avons par exemple un produit de dépollution des lacs et étangs mais aussi des produits pour la prévention et l’élimination des odeurs », témoigne Alain Huré.

Si Mexel a débuté son activité avec des produits biodégradables issus de la chimie traditionnelle, la société s’oriente de plus en plus vers l’utilisation généralisée de matières premières végétales. Après la mise au point d’émulsion d’huiles de colza puis l’association de chimie verte et biologie, les travaux de Mexel concernent aujourd’hui le remplacement de toutes les molécules qui ne sont pas d’origine végétale, selon Alain Huré. « Nous travaillons sur les tensio-actifs verts en collaboration avec le pôle IAR et ARD, entre autres. Nous ne voulons pas seulement remplacer mais essayer d’établir des mélanges pour avoir quelque chose de plus parfait », souligne le directeur technique. Mexel développe des émulsions de plus en plus vertes pour des applications diverses avec toujours une dimension développement durable.

 

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