Méthanor favorise les projets de valorisation de biomasse agricole

Partager cet article avec :

Article paru dans le magazine Formule Verte n°21, mars 2015.

La société familiale AED et l’entreprise Méthanor ont inauguré une unité agricole de méthanisation à Provency dans l’Yonne. Un aboutissement qui reflète la volonté de Méthanor d’aider PME agricoles dans leurs projets de production de biogaz.

Devenir l’un des acteurs clés de la méthanisation agricole et de la valorisation de la biomaase en France. Telle est l’ambition que s’est fixée la société Méthanor. Créée en 2012 sous la houlette de la société de gestion Vatel Capital, cette entreprise est spécialisée dans le financement et l’aide à l’exploitation d’unités de méthanisation par des PME issues du monde agricole. Une collaboration dont a bénéficié la PME familiale AED (Agri Energie Dondaine), qui vient d’inaugurer son installation de production de biogaz à Provency (Yonne). « Le projet représente un investissement total de quatre millions d’euros, dont 542 000 € financé par notre partenaire Méthanor », indique Régis Dondaine, co-gérant de la société AED. En outre, cette unité permettra la création d’un emploi en direct et d’une dizaine d’autres indirectement (maintenance, suivi biologique de l’installation, etc.).

Cette unité a une capacité de traitement de 10 000 tonnes de déchets et coproduits agricoles par an : 2 500 tonnes de fumier mélangé à de la paille provenant de l’élevage bovin, entre 1 500 et 2 500 tonnes annuelles des coproduits de cultures céréalières (blé, orge, colza, sorgho, maïs et seigle), et 500 tonnes de fumier issu de l’élevage des volailles. Le reste est approvisionné localement par des partenaires extérieurs : biodéchets de station d’épuration, coproduits laitiers, etc.

Le site de Provency exploité par AED comprend plusieurs bâtiments. Il dispose d’une cuve de pré-stockage des matières entrantes, dans laquelle les déchets agricoles solides et liquides sont mélangés. « Nous mélangeons environ 3,6 tonnes de matières à environ 300 litres d’eau, que nous stockons sous agitation ensuite dans deux cuves de stockage d’une volume total de 1981 m3 », précise Régis Dondaine. Le mélange est ensuite acheminé par tuyauterie jusqu’à un sécheur pour être prétraité avant le passage en digesteur. « L’étape de prétraitement s’effectue à 70 °C pendant une heure, dans le but de tuer les pathogènes », détaille le co-gérant d’AED. Avant de continuer : « Le mélange peut être faire plusieurs cycles dans le sécheur, afin d’optimiser l’opération de méthanisation par la suite ». La production de biogaz est assurée par deux digesteurs d’un volume total de 1790 m3 et produisant de 240 m3 par heure de biogaz. Le méthane produit par cette installation va servir à la production de 4700 MWh d’électricité par an via une centrale de cogénération d’une puissance de 630 kW électrique. « La chaleur produit le cogénérateur sert à chauffer les habitations, les poulaillers ainsi qu’à sécher le digestat », précise Régis Dondaine. Quant au digestat, il est utilisé une fois séché en tant qu’engrais naturel et compost, permettant une économie de 180 tonnes d’engrais chimiques par an.

Développer la filière méthane en France

Méthanor n’en est pas à son coup d’essai. En effet, il avait en 2013 financé un autre projet de méthanisation agricole à La Chapelle en Charente. Ce méthaniseur utilise des résidus de céréales, des déchets agroalimentaires et des cultures intermédiaires à vocation énergétique, et alimente une unité de cogénération produisant également 4 700 MWh d’électricité par an. « L’installation d’Actibio ,a représenté un coût total d’investissement de plus de 3 M€. Elle a été financée par Méthanor à hauteur de 725 000 € », indique François Gerber, co-gérant de Méthanor. « Un autre projet du même type est en cours d’étude, et pourrait être lancé avant la fin de l’année », confie François Gerber. Avant de continuer : « Notre objectif est de lancer trois à quatre projets d’unités par an au cours des prochains exercices ». La société Méthanor revendique avoir une vingtaine de projets de méthanisation agricole à l’étude. Le développement de la filière française du méthane agricole soutenue par Méthanor est d’ailleurs revenu sur le devant de la scène depuis juillet dernier. En effet, le Ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’énergie a annoncé le lancement d’un appel à projets pour le développement de 1 500 installations agricoles de biogaz en trois ans. Un objectif qui semble très ambitieux. Même si les agriculteurs se mobilisent pour monter les projets, encore faut-il qu’ils obtiennent les fonds nécessaires. Car ce n’est pas l’enveloppe de 100 millions d’euros débloquée par les pouvoirs publics qui va permettre de financer l’ensemble des projets.

 

Partager cet article avec :