Méthanisation : 35 unités recensées en France

Partager cet article avec :
Unité de méthanisation de déchets agricoles construite par Valogreen.

Le Think Tank France Biométhane et Sia Partners viennent de publier une mise à jour du 2eme Observatoire du biométhane en Europe. Cet observatoire permet de suivre le marché et les perspectives du biométhane en forte croissance en France et dans 8 pays d’Europe : Allemagne, Royaume-Uni, Suisse, Autriche, Suède, Pays Bas, Danemark et Finlande. Il ressort qu’à la fin 2016, la filière comptait un peu plus de 480 unités de production de biométhane dans les neuf pays. Et ce au terme de deux années de croissance consécutives respectivement de + 20% en 2015 et + 13% en 2016.

Une hausse sensible des capacités moyennes de traitement du biogaz est également observée sur l’ensemble des pays étudiés. Les unités de production installées en 2015-2016 avaient en moyenne des capacités de 15% plus élevées que les unités antérieures. En terme d’intrants, les cultures énergétiques, bien que proscrites dans certains pays, restent le substrat le plus utilisé en nombre d’unités comme en volume de biogaz traité.

Retard sur le Danemark et l’Allemagne

La France avec 29 unités fin 2016 a enregistré une forte hausse ces dernières années. « 11 nouvelles unités ont été raccordées en 2015, 9 en 2016 et déjà 6 unités début 2017, aboutissant à une capacité de production en mars 2017 de 490 GWh/an » souligne l’association FranceBiométhane. Et pas moins de 252 projets sont en attente sur le réseau pour une capacité de 5,5 TWh/an. La France n’est pas tournée vers les cultures énergétiques puisqu’elle propose de méthaniser différents types de déchets (agricoles, agroalimentaires, stations d’épuration…). Néanmoins à ce jour, elle manque encore de capacités pour rejoindre les leaders européens, comme le Danemark qui possède en moyenne les unités les plus volumineuses d’Europe ou l’Allemagne qui domine le marché européen avec plus de 200 unités, représentant ainsi plus de 50% de la capacité de production des 9 pays. Le Royaume Uni affiche une croissance impressionnante en dépassant en moins de 6 ans la Suède, pays historique de la filière, qui connait, comme les Pays Bas une légère stagnation.

Enfin, chacun des 9 pays bénéficie d’au moins un mécanisme d’aide directement lié au biométhane (pour l’injection dans le réseau de gaz, la production d’électricité ou l’utilisation comme carburant). Les tarifs d’achat dédiés au biométhane ont été moteur pour l’Allemagne et permettent aujourd’hui à la France, au Danemark et au Royaume-Uni de croître rapidement.

Téléchargez la Carte des unités de biométhane en France

 

Le biométhane en bref
Pour rappel, le terme biométhane désigne la version renouvelable d’origine biologique du gaz naturel (CH4). Il est obtenu à partir de biogaz produit dans les unités de méthanisation, constitué en général à 60% de biométhane, 40% de dioxyde de carbone et quelques autres impuretés dont le soufre. Pour ce qui est des substrats de méthanisation, leur origine peut être diverse : collectes municipales (tontes de pelouse, cantines scolaires), déchets agricoles (lisiers, fumiers, déchets céréaliers, Cultures intermédiaires à vocation énergétique ou CIVE), co-produits agro-industriels riches en matière organique (graisse, déchets de fruits et légumes), boues collectées dans les stations d’épuration, décharges municipales. A noter qu’outre la production de biométhane que l’on peut injecter dans les réseaux ou utiliser comme carburants, un méthaniseur peut aussi produire de la chaleur et de l’électricité grâce à des turbines.

Partager cet article avec :