Metabolic Explorer creuse sa perte

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La PME française de chimie du végétal Metabolic Explorer (MetEx) s’est enfoncée dans le rouge au premier semestre, multipliant par plus de quatre sa perte sur un an en raison d’importantes charges de restructuration. De janvier à fin juin, la perte nette s’élève à 2,54 millions d’euros, contre 560 000 euros un an plus tôt. La perte opérationnelle est d’ampleur équivalente, à 2,57 millions d’euros, contre 990 000 euros au premier semestre 2012. Même s’il n’est pas un indicateur pertinent de l’état de l’activité, son chiffre d’affaires semestriel a aussi fondu. Il a été divisé par près de six en un an, passant de 2,10 millions d’euros à 375 000 euros.

La société auvergnate explique qu’elle a débuté l’année par la mise en oeuvre d’un plan de sauvegarde de l’emploi, qui lui a permis de réduire ses effectifs à 80 personnes au 30 juin, contre 102 fin 2012. Confrontée à des difficultés de financement et à une remise en question d’un projet d’usine en Malaisie pour l’entreprise locale Bio-XCell, MetEx avait dû lancer en décembre la suppression de 35 emplois, dont 27 licenciements. MetEx souligne toutefois que cette restructuration porte déjà ses fruits puisque les charges récurrentes ont diminué de 20% à 5,75 millions d’euros, contre 7,23 millions sur les six premiers mois de l’année dernière. MetEx précise que malgré cette baisse, la R&D est préservée. Sa trésorerie s’est effritée à 20,6 millions d’euros, contre 23,2 millions au 31 décembre 2012.

Un partenariat à venir dans le MPG

La société poursuit néanmoins ses programmes d’innovation. Au-delà des progrès continus sur les procédés PDO (propanediol) et L-méthionine, ses programmes de R&D portent principalement sur deux domaines. L’entreprise travaille sur des matières premières de nouvelles générations. « Face à une évolution contrastée du coût des matières premières énergétiques et végétales, Metabolic Explorer a décidé d’accélérer ses développements sur l’utilisation de matières premières de nouvelles générations. Au-delà de sa réussite dans l’utilisation de glycérines issues du recyclage dans la production de PDO, Metabolic Explorer a testé avec succès l’utilisation de sucres dits de 2ème génération issus du traitement de la biomasse, (déchets de bois, pailles, etc.) » explique le groupe.

Par ailleurs, la PME auvergnate s’est vu attribuer dans le cadre du programme Bio2Chem*, une nouvelle avance remboursable de 980 K€, notamment autour de travaux sur le MPG (monopropylène glycol), dont le  marché mondial représente un volume de près de 2 Mt/an (2,5 Mrds € en valeur). La PME auvergnate est d’ailleurs en discussions avec un acteur « majeur » de la chimie du végétal en vue d’un partenariat pour développer et produire ce MPG sur base végétale.

*Bio2Chem réunit SpecialChem, entreprise spécialiste du marketing interactif et de l’innovation ouverte en chimie, et le Laboratoire d’Ingénierie des Systèmes Biologiques et des Procédés (LISBP) de l’INSA Toulouse, spécialisé dans l’ingénierie biochimique des procaryotes.

Avec AFP

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