Matériaux renouvelables : «Bioproof» veut rendre durable la filière du caoutchouc

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Article paru dans FormuleVerte – N°25 – mars 2016

Morceaux de caoutchouc brut avant vulcanisation.
Morceaux de caoutchouc brut avant vulcanisation.

Le programme collaboratif de R&D sur le caoutchouc renouvelable a rendu publics ses premiers résultats en janvier. Le projet est parvenu à démontrer la faisabilité technique et industrielle d’une filière de caoutchouc durable.

Pneumatiques, joints d’étanchéité, gommes à effacer, etc. Le caoutchouc, qu’il soit naturel ou synthétique, trouve de nombreuses applications pour des produits de la vie quotidienne. Devant l’émergence des problématiques développement durable, plusieurs acteurs de la filière se sont associés pour monter le projet Bioproof. Ce programme visant à sécuriser l’approvisionnement durable en caoutchouc à l’aide de matières premières renouvelables a été lancé en 2013, piloté par le Laboratoire de recherche et de contrôle du caoutchouc et des plastiques (LRCCP). Doté d’un budget de 4,6 millions d’euros sur cinq ans, il est porté par un consortium d’industriels, parmi lesquels Michelin, Hutchinson, Emac, EFJM, ou encore KSB.

Une vision, deux angles d’attaques

Le programme Bioproof explore deux axes de recherches vers un approvisionnement durable de l’industrie du caoutchouc. « Les nouvelles voies à explorer concernent aussi bien des matériaux biosourcés ou recyclés ayant des propriétés équivalentes aux produits d’origine pétrosourcée, mais également des articles possédant de nouvelles fonctionnalités », indique Florence Bruno, responsable du pôle Matériaux et procédés du LRCCP. D’une part, l’exploitation de produits recyclés pour en faire des matières premières secondaires. Ce gisement est notamment issu du recyclage de pneus en fin de vie, de déchets et de rebuts de production. Cette quantité de caoutchoucs serait ainsi « reconditionnée » sous forme de poudres ou de noir de carbone pour entrer dans la composition de nouveaux produits. Selon le consortium, les micronisats de ce matériau pourraient être réincorporés dans une certaine proportion sans causer de modification notable de propriétés. Quant aux noirs de carbone recyclés, ils pourraient être utilisés en substitution totale ou partielle aux noirs de carbone classiques.

Quant à l’axe de recherche sur le biosourcé, le projet Bioproof s’attache à exploiter les constituants de la biomasse (huiles, amidon, lignine, sucres, etc.) pour fabriquer des composés entrant dans la composition du caoutchouc.

Faisabilité technique et industrielle

Après deux ans de travaux, le projet collaboratif Bioproof a publié ses premiers résultats, fin janvier. Il a permis l’identification de 12 familles de matières premières biosourcées et recyclées, soit un total de 66 produits issus de 35 fournisseurs.

Parmi ces articles, 14 sont produits en quantité suffisante pour une production de caoutchouc durable à l’échelle industrielle ou pré-industrielle.

En ce qui concerne l’utilisation de matière première recyclée, le LRCCP a démontré que les caoutchoucs en fin de vie, les déchets et les rebuts de production pouvaient être valorisés après traitement par micronisation, régénération et dévulcanisation.

En outre, la pyrolyse des pneus en fin de vie est à explorer pour la production de noirs de carbone recyclés. En ce qui concerne la voie biosourcée, différents constituants du caoutchouc synthétique tels que les élastomères, les charges et les plastifiants peuvent être substitués par des alternatives totalement ou partiellement issues de la biomasse. Désormais, les acteurs du consortium du projet Bioproof vont s’attacher à porter les résultats de ces recherches à l’échelle industrielle. Des accords de développement ont d’ores et déjà étéconclus avec des développeurs et des fournisseurs de matières renouvelables ainsi qu’avec des recycleurs de caoutchouc. ■

Le projet Bioproof en bref
Lancement en juin 2013
Budget alloué : 4,6 m€ sur 5 ans
Financeurs : programme investissements d’avenir, bpifrance
Pilote du projet : LRCCP
Parrains : Hutchinson, Michelin
Membres du consortium: EFJM, Emac, Geficca, Sacred, KSB, Wattelez, Itc
Elastomères
Labels : Elastopôle, pôle IAR

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