L’Unafic consacre un dîner-débat à la biologie de synthèse

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L’Unafic ou Union Nationale des Associations Françaises d’Ingénieurs Chimistes a choisi le thème de la biologie de synthèse pour son dîner-débat annuel qui s’est tenu le 28 novembre dernier à la Maison de la chimie. Cette discipline, qui remonte à une trentaine d’années, vise à créer de nouveaux objets biologiques (enzymes, brin d’ADN…). Et si certains apprentis sorciers cherchent à recréer d’autres formes de vie en allant jusqu’à modifier les bases constitutives de l’ADN, d’autres préconisent cette technologie pour la production de produits chimiques à partir de sucres d’origine végétale. Et c’est tout le savoir-faire de ces nouvelles start-up qui modifient le métabolisme de microorganismes pour leur faire produire de façon massive un composé en les nourrissant de sucres. Avec cette méthode, Global Bioénergies propose d’accéder à de grands intermédiaires comme l’isobutène et peut-être le propylène, tandis que Metabolic Explorer travaille sur le butanediol ou le propanediol.  Mais il est aussi des grands groupes qui s’y intéressent, à l’image de Sanofi qui a remporté cette année un prix Pierre Potier pour la mise au point d’un procédé industriel innovant de fabrication d’artémisinine, principe actif d’un médicament contre le paludisme. Plutôt que d’extraire la matière active d’une plante, l’armoise, dont la culture est longue et coûteuse,  le procédé associe une étape de culture bactérienne à une étape de photochimie. Et la bactérie a bien été obtenue par biologie de synthèse.

Pour l’heure, les exemples de produits chimiques obtenus par biologie synthétique ne font pas légions, mais il est possible que de plus en plus de substances soient éligibles à cette technologie. Du coup, la biologie de synthèse sera-t-elle l’avenir de la chimie, interrogeait Alain Thuillier, président de l’Unafic en début de séance. De grands chimistes présents dans la salle, dont Gérard Ferey, membre de l’Académie des sciences, professeur à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, et Armand Lattes, professeur émérite de l’Université Paul Sabatier, ont montré un certain scepticisme. Bernadette Bensaude-Vincent, philosophe des sciences, qui vient de signer un livre sur le sujet, a cependant rapporté que 50% du marché de la chimie à la fin du 21è siècle pourrait provenir de productions par biologie de synthèse et non plus par voie chimique classique. La question posée par Alain Thuillier reste en suspend.

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