Les sous-produits animaux valorisés au Havre

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Estener transforme les graisses animales en biodiesel.

Article paru dans le magazine Formule Verte, n°16, novembre 2013.

La première unité de production de biocarburant issu de graisses animales non alimentaires en France. C’est ainsi que le Groupement des Mousquetaires, via ses filiales SVA Jean Rozé et SCA Pétrole et dérivés, et Saria Industries, spécialisée dans la valorisation des coproduits et sous-produits agroalimentaires, décrivent Estener, l’unité qui a été inaugurée le 7 novembre sur le site du Havre (Seine-Maritime). Ayant coûté 40 millions d’euros et employant 27 salariés, cette usine possède les capacités pour produire 75 000 tonnes par an de biodiesel avancé (issu de déchets et résidus). « Cette unité utilise des résidus issus d’abattoirs et d’ateliers de découpe du groupement pour fabriquer ce biocarburant avancé », indique Michel Ortega, président du Pôle industriel des Mousquetaires. Concernant la localisation de l’unité, le choix du Havre a été fait en raison des circuits logistiques courts que le port procure. En effet, il offre un accès maritime, et des infrastructures pour accéder aux gisements de matières premières (méthanol, graisses provenant des élevages du grand ouest).

Pour élaborer ce biodiesel, Estener s’appuie sur un procédé de transformation des graisses impropres à la consommation en ester méthylique d’huile animale (EMHA), garanti sans odeur ni effluent polluant. Les graisses animales subissent une première étape de trans-estérification par l’ajout en excès de méthanol en présence d’hydroxyde potassium à 70°C. Ce procédé, donne du biodiesel, et de la glycérine valorisable dans les filières d’énergie (biogaz), du traitement de l’eau (dénitrification d’effluents) ou encore d’autres usages techniques non alimentaires. Le biodiesel passe ensuite une étape de distillation afin d’éliminer les impuretés. L’intégralité du procédé possède un rendement très élevé, comme l’indique Pierre Buin, directeur de l’usine : « Pour un kilogramme de graisses, il est possible de produire 960 grammes de biodiesel, soit un rendement de 96 % de la filière de traitement ». « Plus ces graisses animales sont valorisées, moins elles génèrent de coûts de prise en charge pour leur élimination », complète Dominique Langlois, président de la SVA Jean Rozé.

Une contribution aux énergies renouvelables à encourager

L’EMHA produit affiche de meilleures performances environnementales par rapport au gazole. En effet, il permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 83 %, celles de monoxyde carbone de 10 à 12 %, et dégage moins de particules de suie en raison de sa provenance. Pour favoriser davantage la production de biodiesel avancé, le groupement des Mousquetaires estime qu’il est nécessaire de faire évoluer la fiscalité de double comptage vis à vis de la taxe générale sur les activités polluantes. « Avec l’arrivée de cette usine en France, nous pensons qu’il est nécessaire que le plafond du double comptage fixé à 0,35 % doit évoluer rapidement vers 0,7 % », détaille Jean-Pierre Guillaume, président de la SCA Pétrole et dérivés du groupement des Mousquetaires.

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