Les distilleries revendiquent leur statut de bioraffineries

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« Malgré les changements réglementaires, notre secteur poursuit son adaptation! La société nous connaît pour la production d’alcools de bouche, or nos distilleries font aujourd’hui bien plus que cela : nous sommes des bioraffineries vertes partenaires de la viticulture », explique Jean Mottet, président de l’Union Nationale des Distilleries Vinicoles (UNDV). Avec plus de 850 000 tonnes de marcs de raisins et 1,4 million d’hectolitres de lies de vin transformés, les distilleries s’inscrivent dans l’économie circulaire en créant une multiplicité de débouchés, de la production d’engrais organiques normés à la production de conservateurs alimentaires naturels pour les boulangers en passant par les huiles de pépins de raisins … donc bien loin des eaux de vie. Au total, les 50 bioraffineries françaises réalisent plus de 200 millions d’euros de chiffre d’affaires et génèrent plus de 2000 emplois directs et indirects non délocalisables sur tout le territoire français.

Des valorisations non alimentaires

En 2015, le secteur compte bien poursuivre sa diversification. Il met en œuvre deux innovations majeures, développées pour certaines depuis plusieurs années dans le cadre de programmes de recherche et développement :
La solution Vititan, issue de l’extraction des tanins de marcs distillés.Comprenant des polysaccharides, ce mélange complexe de tanins trouve plusieurs applications industrielles : colle renouvelable structurant de panneaux de particules et de fibres pour isolants contreplaqués, en complément de colles synthétiques, ou en antioxydant dans les matériaux.
Le biochar Vitichar, produit à partir de pulpes de raisins issues de marcs distillés. Ce biochar permettra de retenir l’eau dans les parcelles de vigne lorsqu’elle est en excès et de la restituer en conditions sèches.

Un travail minutieux de revalorisation des sous-produits vinicoles qui, au-delà de la participation à l’économie des territoires, permet chaque année d’éliminer 40 000 tonnes de Composés Organiques Volatiles (COV) et de réduire les émissions de la France de 60000 tonnes équivalent CO2 grâce à la substitution de carburant d’origine fossile par du bioéthanol. Au total, le volume de pollution traité par les bioraffineries vinicoles représente celui générée par une ville de plus de 6 millions d’habitants pendant un an ! « Grâce à nos bioraffineries, nous participons à l’économie de matières premières, au recyclage et à la gestion durable des sols, ainsi qu’à l’approvisionnement des marchés des matériaux de la chimie verte  et des énergies renouvelables », conclut Jean Mottet.

Source UNDV

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