Les ambitions de Biométhodes récompensées

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Amsallem
Gilles Amsallem est le p-dg de Biométhodes.

Transformer et valoriser des matières végétales dans des conditions écologiques très compétitives. Voilà le projet ambitieux de l’entreprise de biotechnologie récompensé dans la catégorie « Chimie du Végétal » du Concours mondial de l’innovation.

La rupture fondamentale apportée par Biométhodes réside dans sa capacité à exploiter la matière végétale non-alimentaire et à en préserver l’intégralité de la richesse chimique. Pour cela, l’entreprise créée en 1997 et installée au sein du Genopole (Evry) a mis au point une bioraffinerie optimisée. Le procédé utilisé permet un raffinage total de la biomasse lignocellulosique en composants chimiques qui remplaceront les produits dérivés du pétrole. Dans un premier temps, la biomasse est prétraitée chimiquement pour obtenir de la cellulose, de l’hémicellulose et de la lignine. Pour cette étape, Biométhodes dispose d’une licence exclusive et mondiale sur deux brevets de l’Université Virginia Tech (USA). Les trois produits sont ensuite valorisés séparément grâce à l’action d’enzymes optimisées au sein de la plateforme de Biométhodes, Optazyme, dont le développement a bénéficié des 10 années d’expérience de la société dans le domaine des enzymes.

Une alternative compétitive

De nombreux procédés de valorisation de la biomasse existent d’ores et déjà, mais celui développé par l’entreprise lauréate présente de nombreux avantages compétitifs. L’étape de prétraitement se fait à 50°C contre 150-200°C pour les procédés standards. Elle permet d’obtenir une cellulose amorphe, donc hautement fermentable, de l’hémicellulose valorisable et de la lignine de pureté très fortement supérieure à celle obtenue habituellement. Par ailleurs, l’étape d’hydrolyse optimisée par la plateforme Optazyme permet de diviser par trois le temps d’hydrolyse et ne nécessite l’utilisation d’aucun phosphate comme inhibiteur de fermentation. La compétition pour l’accès aux ressources végétales entre les besoins alimentaires et les usages industriels constitue un obstacle majeur pour l’émergence d’une alternative durable à la pétrochimie. Le procédé développé par Biométhodes propose une alternative compétitive à l’utilisation des ressources alimentaires.

Des projets d’un bout à l’autre de l’Atlantique

En France, où les productions agricoles et forestières sont nombreuses, Biométhodes a trouvé un territoire propice à son déploiement industriel. « Nous sommes convaincus que notre approche de bioraffinerie peut métamorphoser le paysage industriel et agricole français, et le soutien de la Commission Innovation 2030 jouera un rôle important dans la concrétisation de cette ambition » confie Gilles Amsallem, président-directeur général de Biométhodes. La lauréate recevra un financement de l’Etat pouvant atteindre 200 k€ qui l’aidera à poursuivre son ambitieux projet. La société prépare actuellement le lancement de sa première unité industrielle de traitement de la matière végétale non-alimentaire. En 2011, Biométhodes a traversé l’Atlantique pour créer OptaFuel US, Inc., sa filiale américaine basée à Norton en Virginie. Une usine pilote y est actuellement en construction depuis septembre 2013, un projet de 3 ans avec un budget de 20 millions de dollars.

Alexane Roupioz

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