Le fonds d’investissement, Seventure, veut rester proche des industriels

Partager cet article avec :
Isabelle de Cremoux, présidente du directoire de Seventure Partners.
Isabelle de Cremoux, présidente du directoire de Seventure Partners.

La société de capital-risque investit dans des sociétés européennes. Dans le domaine des biotechnologies industrielles, elle a notamment financé Global Bioenergies et Metabolic Explorer. Nommée à la présidence du directoire en janvier 2014, Isabelle de Cremoux détaille la stratégie du fonds.

 

Formule Verte : Seventure Partners lève actuellement son fonds Health for Life Capital avec l’objectif de 120 millions d’euros. A quoi serviront ces fonds ?

Isabelle de Cremoux : Nous sommes une société de gestion de financement de l’innovation. Nous investissons dans le capital de sociétés innovantes à tous les stades de maturité dans deux secteurs : l’économie du numérique et les sciences de la vie. Le secteur sciences de la vie concerne les medtech et la santé connectée, les biotech et la pharmacie mais aussi le domaine de la nutrition et plus particulièrement le microbiome et la biotechnologie industrielle. Nous investissons dans tous les pays en Europe des montants allant de 500 000 € à 20 M€, en fonction des besoins des sociétés et de leur maturité.

 

Qui sont les investisseurs de ce fonds ?

I.d.C. : Volontairement, notre fonds Health for Life Capital attire des financiers, des industriels et des entrepreneurs. Les grands industriels tels que Danone, Tereos, Tornier et Lesaffre ont investi. Nous avons créé un partenariat. Les industriels et les entrepreneurs sont disponibles en cas de besoin pour nous aider quand nous étudions un dossier. Ils nous fournissent des conseils, une expertise… Nous leur proposons de rencontrer en direct les sociétés, si celles-ci le souhaitent. Ce sont un peu de bonnes fées qui se penchent sur le berceau des jeunes sociétés innovantes. Pour ces entreprises qui investissent dans le fonds, cela leur fournit une tour d’observation sur l’innovation mondiale sur leur marché.

 

Quels sont les profils des sociétés dans lesquels vous investissez ?

I.d.C. : Nous recherchons des sociétés qui développent des technologies innovantes dans des segments où le push technologique arrive en même temps que la demande du marché. En 2001, nous avons identifié la chimie verte. C’est à cette époque que nous avons investi dans Metabolic Explorer. Dans ces secteurs, il faut identifier les produits, les souches adaptées et les modéliser. Avant même de réaliser les procédés à grande échelle, les sociétés ont une idée du futur prix de revient. La clé du succès dans ces secteurs, c’est de savoir déterminer quels produits elles vont développer. En effet, elles ont toutes 3 à 6 produits en développement. Il faut sélectionner quel produit elles vont pousser jusqu’au marché pour mettre les investissements. Il faut viser de gros marchés qui auront la demande dans 5 ans et être sur des technologies qui arrivent à faible coût.

 

Comment analysez-vous l’évolution du secteur des biotechnologies industrielles ?

I.d.C. : Nous voyons beaucoup de start-up avec le même business model. Elles font la recherche et pour certaines vont jusqu’au développement. Elles cherchent ensuite des partenaires pour produire. Nous voyons encore des sociétés qui se créent avec ce business model mais nous constatons aussi un renouvellement. Ce sont des entreprises qui vont aller chercher des produits de niche où la construction d’une usine s’élève à une dizaine de millions d’euros. Nous voyons aussi le développement de nouveaux produits pour lesquels on peut démontrer de nouvelles caractéristiques techniques. Enfin, des sociétés arrivent dans le développement de technologie pour améliorer des procédés de biotechnologies industrielles.

Partager cet article avec :