Le bioplastique, débouché high-tech pour les agriculteurs

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Le maïs, matière première de nombreux bioplastiques.
Le maïs, matière première de nombreux bioplastiques.

« Ce qu’on peut trouver dans le végétal est une mine d’or. Et cela met un peu de piment dans le métier d’agriculteur », a déclaré à l’AFP Arnaud Rondeau, qui dédie depuis l’an dernier 30 hectares de maïs au bioplastique, sur les 80 qu’il cultive entre l’Yonne et le Loiret. Les applications peuvent être futuristes, comme cette imprimante 3D présentée au Salon de l’Agriculture, qui fabrique de mini-tracteurs de la taille d’un jouet grâce à un fil de bioplastique en fusion, produit à base de maïs. Si elle reste encore un marché émergent pour l’agriculture, « la production de bio-plastique a sensiblement augmenté au cours des dix dernières années », explique Olivia Ruch, directrice de l’association de promotion des céréales Passion Céréales. Entre 50 à 80000 tonnes de céréales ont servi à la fabrication de bioplastique en 2012, contre 10000 il y a dix ans, selon elle.

Le maïs, principale matière première

Les agriculteurs concernés vivent souvent autour des grandes usines d’amidonnerie, dans le Nord, en Auvergne, ou bien dans le Sud, où pousse le maïs qui représente les trois-quarts des céréales utilisées pour le bioplastique.

« Quand on récolte du maïs partout dans le monde et que personne n’attend le maïs français, on n’a pas intérêt à aller chercher les clients trop loin », assure Arnaud Rondeau, qui « s’y retrouve sur le prix ». La tonne de maïs destinée à l’industrie du bio-plastique lui est achetée environ 10 euros plus cher que le prix du marché. Environ « 2/3 de l’amidon européen est d’origine française, il y a donc une grande opportunité pour l’agriculture française », estime Christophe Doukhi-de Boissoudy, président du Club Bio-plastiques, qui chapeaute la filière.

Le volume de céréales destiné aux bio-plastiques reste cependant pour l’instant une goutte d’eau par rapport aux 63 millions de tonnes produites dans l’Hexagone en 2012.

« On ne prend pas beaucoup de surface, il nous faut 100 hectares de céréales par an pour nos capsules », assure Vincent Pluquet, fondateur de Végéplast qui fabrique des capsules de machine à café dans la région toulousaine. Ainsi que des os à ronger pour chiens, des bougies votives pour la grotte de Lourdes et des liens de parachutes pour l’armée.

Si des recherches sont menées pour faire du bioplastique avec des algues, du bois ou des déchets organiques, les céréales sont pour l’heure avantagées car elles sont « ce qu’on sait le mieux transformer, et les plus faciles à collecter et stocker » grâce à la logistique existante, précise Olivia Ruch.

Pour l’instant, le chiffre d’affaires du secteur des bioplastiques reste modeste, avec 24 millions d’euros par an. Pour se développer, la filière attend avec impatience un décret qui permettrait de taxer les sacs plastiques non biodégradables, à hauteur de 10 euros le kilogramme. Restera à proposer pour cette application des bioplastiques ayant aussi la propriété d’être biodégradable.

Source AFP

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