L’Académie des Technologies prend parti pour la biologie de synthèse

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La biologie de synthèse apparaît constamment sur les listes des technologies dites « d’avenir », dans le champ très large des applications du vivant. L’Académie des Technologies, dont plusieurs membres participent ou ont participé à son développement, apporte son éclairage sur les questions que soulève l’émergence de la biologie de synthèse dans le domaine des applications industrielles, ou biotechnologies blanches, dans un rapport téléchargeable sur son site Internet.

Ce rapport explique que la France, qui était un pays précurseur dans les biotechnologies industrielles, occupe aujourd’hui la place de n° 3 mondial. Elle bénéficie d’excellentes équipes de recherche fondamentales en biologie de synthèse et a vu naître une dizaine de start-up au cours des dix dernières années, souvent aidées par l’Etat. Le cadre réglementaire est plus sujet à caution car l’Europe s’est voulue exemplaire et a monté un corpus réglementaire complexe et assez incertain, qui fragilise la position des industriels face à d’autres pays bénéficiant d’une législation plus propice au développement de cette nouvelle industrie, comme les Etats-Unis.

Mais le rapport estime que l’élément le plus préoccupant reste l’environnement industriel. Il cite «  la disparition du leader de l’industrie chimique, Rhône-Poulenc, le recentrage de Sanofi sur ses activités pharmaceutiques, et la sortie complète de Lafarge au cours des années 90, ont marqué un tournant dans le développement des biotechnologies blanches, qui sont désormais conduites par des sociétés de taille moyenne, de type familial ou coopératif et dont les activités de recherche et d’investissement dans ces secteurs jugés relativement risqués restent limitées ». En attendant, les Etats-Unis et la Chine se développent dans la biotechnologie industrielle, avec des moyens humains et financiers très importants…

Des recommandations pour l’avenir du secteur

Après un retour sur l’histoire du développement des biotechnologies industrielles, le rapport de l’Académie des Technologies fait le point sur les développements scientifiques et méthodologiques récents et dresse un panorama de la bioéconomie en France et à l’étranger. Il aborde les questions réglementaires, éthiques, et les questions d’environnement industriel qui sous-tendent toute réussite dans ce domaine. Il explore dans sa conclusion quelques voies possibles et fait des recommandations pour l’avenir de ce secteur en France :
Soutien aux actions de recherche permettant l’accès à la biodiversité microbienne pour identifier de nouveaux gènes et denouvelles voies métaboliques : métagénomique fonctionnelle, métabolomique, bioinformatique, modélisation… Il est important de souligner que la microbiologie traditionnelle présente encore et toujours un intérêt majeur.
Soutien aux centres de séquençage des génomes et de traitement informatique des données obtenues.
Création de formations d’ingénieurs intégrant de manière volontariste et originale la biologie de synthèse à la biotechnologie, la modélisation, la chimie et au génie des procédés.
Création de masses critiques de R&D : les pôles d’Evry (Génoscope, CEA) et de Toulouse (Toulouse White Biotechnology) sont en cours de structuration grâce, notamment, aux Investissements d’avenir.
Soutien au développement de procédés industriels (démonstrateurs) par des incitations fiscales.
Mise en place d’une réflexion éthique et de développement durable pour tous les nouveaux procédés de biotechnologie industrielle.

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