La Wallonie regarde du côté des extractibles forestiers

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L’écorce est source d’extractibles.

Cet été, le cluster wallon Valbiom a publié un second article* sur le potentiel de la forêt wallonne et sur les perspectives de développement et d’intégration d’une filière « chimie du bois ». Il en ressort que la région dispose d’un potentiel de développement pour une filière chimie du bois de type « chimie fine », orientée vers des marchés de niches et des produits à haute valeur ajoutée, notamment autour des extractibles forestiers.

Des extractibles dans tous les compartiment du bois, dont les écorces

Les extractibles se retrouvent dans tous les compartiments de l’arbre, à des concentrations différentes selon le compartiment, l’âge de l’arbre, ses conditions de croissances… Ils sont toutefois particulièrement présents dans les coproduits les moins valorisés. A savoir : les écorces, les nœuds, les feuilles et les aiguilles. L’auteur observe en outre que la Wallonie dispose de solides compétences dans le domaine de l’extraction au travers de ses universités, ses centres de recherche et ses entreprises déjà actives dans le secteur. « Si les techniques d’extraction sont connues et maîtrisées, le challenge reste bien présent lorsqu’il s’agit de purifier les extraits pour en sortir la ou les molécules spécifiques d’intérêts. C’est la même chose pour ce qui est de conférer de nouvelles propriétés à ces molécules, via ce que l’on appelle la fonctionnalisation » estime Pierre-Louis Bombeck, chef de projet bois-énergie et chimie du bois chez ValBiom, et auteur de l’étude. « Le cas des écorces illustre bien cette possibilité. Il s’agit certainement d’un des coproduits les plus faiblement valorisables actuellement » ajoute-t-il. « Si ce n’est en énergie dans des chaudières spécifiques ou comme couverture de sol pour les parcs et jardins. Or les écorces contiennent un taux d’extractibles généralement supérieur à celui du bois. L’ajout d’une étape d’extraction pourrait s’envisager entre l’étape d’écorçage et celle de la valorisation énergétique ».

Une intégration harmonieuse avec la filière

Un autre intérêt de cette nouvelle filière de l’extraction forestière est qu’elle pourrait s’intégrer de manière harmonieuse dans la filière bois, en s’insérant dans la chaine de valorisation existante et sans nécessairement perturber la valorisation actuelle des coproduits.

En France, cette thématique est abordée dans le cadre du projet ExtraForEst pour « Extractibles forestiers de l’Est », projet triennal, démarré en novembre 2017, et financé par le ministère de l’Agriculture et de la Forêt, le Fdeder Lorraine, l’Ademe, la région Lorraine, le Labex Arbre et l’Inra.

* L’analyse de Pierre-Louis Bombeck, chef de projet bois-énergie et chimie du bois chez ValBiom a été publiée dans sa version complète dans le n°147 de la revue trimestrielle Forêt.Nature – Avril-Juin 2018.

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