La société IPSB aide à concrétiser des projets innovants

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Article paru dans Formule Verte n°21, mars 2015

Spécialisée dans les procédés pour la sucrerie et les biotechnologies, IPSB accompagne des entreprises innovantes dans le développement de leurs projets industriels. Proche de la recherche et des start-up en France, elle entrevoit davantage de débouchés à l’export pour des projets de plus grandes envergures.

Installation de production biotechnologique d’Éléphant vert. Crédit : Éléphant vert
Installation de production biotechnologique d’Éléphant vert. Crédit : Éléphant vert

Créée en 2012, IPSB est sur le papier une jeune société spécialisée dans l’ingénierie de procédés dans le domaine des sucres et des bioindustries. En d’autres termes, elle est experte dans les procédés de fabrication des sucres, d’alcools de première et deuxième générations, dans les procédés de fermentations stériles en milieu liquide ou solide qui transforment les sucres en molécules d’intérêt ainsi que dans la valorisation énergétique de la biomasse.

Il n’en demeure pas moins qu’IPSB bénéficie d’un savoir-faire beaucoup plus ancien qui remonte à une vingtaine d’années. Son histoire a en effet débuté en 1996 sous l’impulsion des principaux groupes sucriers français et équipementiers impliqués dans cette industrie qui, en créant AgroBioSucres Engineering, ont souhaité sauvegarder, développer et valoriser le savoir-faire français dans les procédés sucriers et diversifier leurs productions en développant de nouvelles compétences dans les procédés biotechnologiques.

Cette activité a été rachetée par le groupe canadien SNC Lavalin en 2007 dans le but d’en faire un référent groupe en matière de procédés sur ces domaines d’intervention. En 2012, après près de 5 ans au sein de ce groupe international, une dizaine de cadres ont souhaité reprendre leur indépendance en créant IPSB. Après quelques mois d’activité, un accord avec SNC Lavalin a été trouvé permettant aux équipes d’IPSB de recouvrir leur ancien périmètre d’intervention (Rachat de la société AgroBioSucres Engineering à SNC Lavalin). S’il y a peu ou pas de construction de nouvelles sucreries ou d’unités industrielles basées sur de nouveaux procédés biotechnologiques en France, il existe cependant un marché florissant pour la société IPSB. En effet, cette dernière a su se positionner très en amont dans l’accompagnement des start-up ou dans la participation aux programmes innovants en préparant les dossiers de pré-industrialisation destinés à convaincre de nouveaux investisseurs de s’impliquer dans le financement des projets. « Sur la base de résultats de laboratoire, nous aidons ces entreprises à valider la faisabilité technique et économique de l’industrialisation de leurs projets », explique Franck Launay, président d’IPSB. « Nous les assistons à définir, construire leurs procédés et à dimensionner leurs futures unités de production (bâtiments industriels et lignes de production). Nous chiffrons ensuite l’investissement ainsi que les coûts de fonctionnement correspondants afin qu’ils puissent déterminer les prix de revient de leurs produits ».

Parmi ses références, IPSB cite la réalisation du projet BioAmber, une des premières unités mondiales de production d’acide succinique, qui a débuté par le dimensionnement et le chiffrage de l’unité sur la base de résultats de laboratoire pour se poursuivre par la construction du démonstrateur sur le site industriel de Pomacle-Bazancourt.

Hazem Bouzrara, directeur du département Bio-industrie, cite également la participation d’IPSB aux projets Futurol (conception et construction de l’unité pilote de production d’alcool de deuxième génération), Pivert (Étude de conception du Biogis center et réalisation de l’unité de biotechnologie), Protoferm (conception et construction de la halle technologique dédiée à la fermentation solide pour le groupe Soufflet) et évoque également l’accompagnement plus récent de jeunes sociétés innovantes comme Éléphant vert, Ynsect, Olygose et Fermentalg.

La force des experts d’IPSB est de pouvoir proposer des procédés réalistes intégrant des étapes de valorisation de co-produits, de traitement ou recyclage d’effluents que les chercheurs ne prennent pas souvent en compte dans leurs premiers développements. De plus, l’expérience acquise par les experts d’IPSB suite à leurs interventions dans divers procédés agro-industriels leur permet de réaliser des transferts de technologies entre les différents procédés. « Betterave, canne, céréales, pois, pomme de terre, quelle que soit la matière première, nous savons faire du transfert et adapter les technologies aux objectifs recherchés », ajoute le dirigeant qui conserve une culture proche de la R&D.

La société a développé ses propres outils de calcul dont le logiciel Agrobiosoft créé pour la simulation du fonctionnement des opérations unitaires et conçoit la majorité de ses projets en 3D. « Depuis une dizaine d’années, nous faisons de la conception 3D, ce qui nous a souvent permis de faire la différence par rapport à nos concurrents. Pour l’unité d’éthanol de Cristanol à Bazancourt, nous avons développé la totalité du projet en 3D », confie F. Launay.

Au-delà de ce savoir-faire en procédé, IPSB peut compléter sa prestation par un accompagnement dans l’élaboration de dossiers administratifs (Permis de Construire, DAE…), et dans l’analyse des contraintes environnementales et réglementaires (dossiers ICPE, études de dangers…).

Jusqu’aux clés en main

Outre la conception, IPSB est aussi armée pour accompagner les phases d’ingénierie et de construction. Pour des usines « clés en main » et des investissements d’importance (de l’ordre de 200 M€), IPSB, qui emploie une quarantaine de personnes, peut s’appuyer sur de plus grands groupes d’ingénierie avec lesquels elle entretient de bonnes relations, tout en gardant le savoir-faire procédé en lien avec ses clients. En revanche, la société peut assurer seule le management de projets et la construction d’unités représentant l’équivalent de 50 à 60 M€ d’investissement sur une année. « Tout ce qui relève de la construction de pilotes et de démonstrateurs, nous pouvons les gérer en EPCM », ajoute F. Launay.

Pour l’heure, la société qui annonce entre 6 et 7 millions d’euros de chiffre d’affaires par an, réalise l’essentiel de son activité sur le territoire français. Néanmoins, F. Launay estime que le marché de la biotech industrielle n’est pas en France. « On voit beaucoup de matière grise et de pilotes aux stades « alpha ou beta plant ». Mais les projets industriels se font à l’étranger. Le coût de la matière première, les contraintes réglementaires en France et les difficultés à trouver les financements handicapent la concrétisation des projets », constate Franck Launay.

Aussi en plus de son siège social à Avon, et d’un bureau à Reims au plus près de la plateforme de Bazancourt-Pomacle, IPSB vient d’ouvrir un bureau au Maroc à Casablanca pour se rapprocher de clients, comme le sucrier Cosumar ou le spécialiste des bio-intrants Éléphant vert. « C’est un client que nous accompagnons depuis 2012. Après l’installation d’un laboratoire et d’une unité pilote, cette société souhaite désormais entrer en production. Un premier projet industriel de production de biopesticides destinés à la lutte contre l’invasion de criquets et produits par fermentation en milieu solide sera opérationnel dans quelques mois », explique Hazem Bouzrara. Ce projet pourrait marquer le début d’une collaboration plus large, sachant qu’Éléphant vert souhaite déployer l’usage d’engrais et pesticides biologiques sur tout le continent africain.

Sans remettre en cause sa stratégie d’accompagnement de projets innovants et de start-up sur le territoire français, IPSB commence donc à chercher des relais de croissance au-delà de nos frontières où rayonne encore le savoir-faire sucrier et biotechnologique français.

Contact : hazem.bouzrara@ipsb.fr

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