La fondation Paris-Reims finance Fondagen pour pousser la biologie de synthèse

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De gauche à droite : Olivier de Bohan, René-Paul Savary et Pierre Tambourin.

Le 26 octobre, au Sénat, une convention de mécénat a été signée entre la fondation Paris-Reims et le fonds Fondagen. Sous la présidence du sénateur René-Paul Savary, la fondation va verser un don de 100 001 euros à Fondagen. Ce dernier étant un fonds de dotation, créé en 2013 par le Genopole d’Evry et présidé par Pierre Tambourin (ex dirigeant du Genopole). Il soutient des actions dans le domaine de la biologie de synthèse. Bien plus puissante que la biologie moléculaire, cette discipline essaie de tirer le meilleur parti des dernières avancées dans le domaine de la biologie et de la bioinformatique pour créer des activités économiques nouvelles.

Depuis le début des années 90, la fondation Paris-Reims participe au développement des sciences et technologies du vivant – notamment en apportant des financements à des programmes de recherche – dans le but d’élargir les débouchés et utilisations des produits agricoles dans les secteurs de l’énergie, de la chimie, de la cosmétique… De son côté, Genopole s’est résolument engagé dans le domaine des biotechnologies industrielles. Un certain nombre de start-ups ont vu le jour laissant entrevoir de réelles perspectives d’industrialisation. Il est donc apparu opportun pour la fondation Paris Reims d’accompagner la démarche engagée par Genopole.

Se réjouissant de ce soutien, Pierre Tambourin a expliqué que le mécénat permettra de financer des projets nouveaux dans ce secteur très prometteur de la biologie de synthèse dont les applications touchent peu à peu tous les domaines industriels : énergie biosourcée, chimie verte, environnement, matériaux biosourcés, agro-alimentaire, textile et santé. Avec le soutien des laboratoires et des start-up qui évoluent autour du Genopole : « on va partir d’un produit et on imaginera un schéma de synthèse dans une bactérie ou une levure » a illustré le dirigeant. Quant au choix des molécules candidates, il se fera dans le cadre de brainstormings avec tous les partenaires industriels et académiques de la région Grand Est, en particulier dans le périmètre du département de la Marne et la région de Reims, territoire d’ancrage de la fondation Paris-Reims. Pierre Tambourin a ajouté que déjà quelque 200 produits issus de la biologie de synthèse sont commercialisés, citant l’hydrocortisone ou l’artémisinine.

Grand est, une région engagée dans la bioéconomie

René-Paul Savary a rappelé que sa région était fortement engagée dans la bioéconomie, notamment via le pôle de compétitivité Industries & Agroressources (IAR) et les coopératives et groupes agroindustriels tels que Cristal Union ou Vivescia. « Il s’agit par le biais de ce mécénat de favoriser et accélérer le développement des initiatives qui prennent naissance dans le « creuset » de Genopole et, en particulier, de créer des ponts entre science, technologie et démonstration industrielle ». La bioraffinerie de Bazancourt-Pomacle est d’ailleurs un lieu tout à fait privilégié pour accueillir des démonstrateurs, par exemple dans les locaux d’ARD, ou de nouvelles installations industrielles.

Présent à cette signature, Yvon Le Hénaff, président d’ARD et 1er vice-président du pôle IAR, a rappelé qu’une première convention datant de 2013 avait déjà posé les bases « d’un pontage » entre Genopole et ses start-up et les outils de développement du pôle citant ARD et BRI pour les projets sur base sucre, Improve dans les protéines, et Pivert autour des alcools gras. Et déjà la start-up Global Bioenergies, issue du Genopole a pu développer son projet au stade pilote avec le soutien d’ARD. Elle a également initié une collaboration avec Cristal Union pour l’industrialisation de son procédé de production d’isobutène biosourcé dans le cadre de la société commune IBN-One. Abolis, une autre start-up issue du Genopole, réfléchit actuellement à une installation sur le site de Bazancourt-Pomacle pour travailler sur son industrialisation.

Les fondations Pierre de Bohan et URCA en soutien

Olivier de Bohan, agriculteur, président du groupe coopératif Cristal Union et de la fondation d’entreprise Jacques de Bohan créée en 2011 par Vivescia et Cristal Union, s’est félicité de la bonne dynamique économique de son territoire (Marne et région Grand-Est) dans le domaine de la bioéconomie. Outre les outils précités, il a évoqué le CEBB (Centre Européen de Biotechnologie et de Bioéconomie) installé sur la plateforme de Bazancourt-Pomacle dont sa fondation a accompagné le développement. À la fois vitrine technologique et centre de recherche pluridisciplinaire dédié aux biotechnologies, aux biomatériaux et à la chimie verte, il réunit les compétences et expertises scientifiques et techniques de quatre chaires issues d’AgroParisTech, de CentraleSupélec, de Neoma Business School et de l’Université de Reims Champagne-Ardenne (URCA).
Il a également cité la dynamique de la Ferme112, rebaptisée Terralab, un outil pour préparer l’agriculture de demain. Il a appelé de ses vœux une mobilisation forte au plan national, estimant que « la bioéconomie doit être une cause nationale ». Pour l’heure, il a reconnu « une volonté d’avancer », s’appuyant sur la publication d’une stratégie nationale sur la bioéconomie le 18 janvier dernier et la tenue d’un atelier bioéconomie et économie circulaire à l’occasion des Etats généraux de l’alimentation.

A noter que sur ce territoire, l’URCA, membre du CEBB, est à l’origine d’une troisième fondation qui participe au développement de la bioéconomie en partenariat avec les fondations Paris-Reims et Jacques de Bohan. Créée en 2015, cette fondation URCA, à une vocation plus académique, vise soutenir l’innovation et le rayonnement de l’université dans son environnement et au niveau international.

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