La commission européenne approuve un PPP dédié au biosourcé

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Ce mercredi 10 juillet, la Commission européenne a donné son feu vert au lancement d’un PPP sur les Industries Biosourcées ou PPP BBI (ex-Bridge). Ce programme appartient à la catégorie des Partenariats Public Privé. Moyennant 3,8 milliards d’euros de budget (1 Mrd € de fonds européens et 2,8 Mrds € de financements privés) sur la période 2014-2020, son objectif est de contribuer à une réindustrialisation de l’Europe dans le domaine de l’économie biosourcée. « C’est un programme qui se prépare depuis plus d’un an à travers la création du consortium BIC qui réunit actuellement une quarantaine de membres parmi des représentants de l’industrie, de pôles de compétitivité et de clusters » explique Christophe Rupp Dahlem, président de l’ACDV (Association chimie du végétal). En France, trois entités se sont d’ores et déjà mobilisées, le pôle IAR, la société de recherche ARD et le groupe agro-industriel Roquette. « Notre objectif est de faire entrer de nouvelles entreprises dans le projet » ajoute C. Rupp Dahlem. Déjà 50 centres de recherche européens ont annoncé leur intention de rentrer dans le consortium BIC.

Réindustrialiser l’Europe

Selon Christophe Luguel, responsable des affaires internationales au pôle IAR, ce PPP BBI vient du constat que trop de recherches menées dans le domaine de la bioéconomie en Europe ont été mises en œuvre industriellement aux Etats-Unis et en Asie. « Il faut maintenir l’industrialisation en Europe » a-t-il ajouté. Le cas de BioAmber est emblématique du manque d’attractivité de l’Europe aujourd’hui. La société a en effet développé son procédé de production d’acide succinique dans l’unité de démonstration d’ARD sur la plateforme de Pomacle-Bazancourt. Mais la réalisation de la première unité de taille industrielle ce fera sur la plateforme de Sarnia, en Ontario (Canada) en partie grâce aux subventions canadienne.

Des appels à projets dès 2014

D’un point de vue pratique, le consortium BIC et la Commission européenne vont commencer par créer une agence d’une dizaine de personnes début 2014. Un comité des Etats membres et un comité scientifique lui fourniront des avis consultatifs. A charge pour l’agence de préparer, lancer puis gérer des appels à projets qui permettront de distribuer les 3,8 Mrds d’euros de fonds. Les premiers appels à projets sont envisagés pour le premier ou deuxième trimestre 2014. Pourront être financés des projets de R&D, la construction de démonstrateurs industriels. Mieux encore celle d’unités de taille industrielle que le projet nomme « flagships ». Pour les acteurs français, ce PPP pourra par exemple s’inscrire dans la continuité de programmes FUI ou Ademe qui ne permettaient pas d’aller jusqu’à l’étape de démonstration et a fortiori jusqu’à l’industrialisation. La période de dépôts de projets durera sept ans et s’effectuera dans un cadre législatif très stable car toutes les règles du jeu vont être énoncées à l’avance. Le PPP devra apporter des bénéfices de compétitivité en zone rurale, contribuer au développement de nouvelles filières, positionner le concept de bioraffineries comme modèle de développement et porter attention aux ressources renouvelables et à leurs usages. Tout cela débouchera sur le lancement commercial de nouveaux produits et matériaux. Un objectif énoncé est, par exemple, de porter à 30% la part de produits biosourcés dans l’industrie chimique à l’horizon 2030 et à 25% la part des biocarburants avancés ou de deuxième génération.

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