Kemerid valorise les huiles usagées alimentaires en biolubrifiants

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Un site de production de 2000 t/an dans le Gers.
Un site de production de 2000 t/an dans le Gers.

Article paru dans la revue Formule Verte n°17 /mars 2014

Proposer une alternative aux lubrifiants issus de la pétrochimie. Telle est la volonté de la jeune société Kemerid. Créée en 2013, cette PME toulousaine commercialise des biolubrifiants de seconde génération provenant de la valorisation d’huiles usagées agro-industrielles. « Kemerid trouve son origine dans le projet de recherche AgriBTP initié en 2011 et financé par le Fonds unique interministériel. Ce programme vise à formuler des produits agro-industriels à haute valeur ajoutée à destination du marché du bâtiment à partir de sous-produits », précise Serge Da Silva, directeur général de Kemerid. Au fur et à mesure de l’avancée du projet de R&D, trois des entreprises participantes (Coreva Technologies, LR Vision et 6TMIC) décident de monter une société de commercialisation des produits innovants développés lors d’AgriBTP. L’objectif étant d’exploiter au mieux les synergies des différentes sociétés pour intégrer une filière complète de valorisation des agroressources. « Chaque société formant le consortium a un rôle bien précis. Coreva Technologies est chargé de collecter les huiles végétales usagées et des graisses animales, et de les transformer en matières premières. La société 6TMIC est spécialisée dans l’ingénierie de procédés et en génie chimique, tandis que LR Vision possède une expertise dans la formulation de produits pour le bâtiment », explique Serge Da Silva.

Premiers produits commerciaux

Kemerid utilise donc des huiles usagées pour développer la gamme Kembat, formules destinées aux produits de décapage pour les centrales à béton ainsi que des agents de démoulage pour les industriels du bâtiment. « Nous commercialisons également notre gamme Kemlub d’huiles de chaîne de tronçonneuse pour l’industrie forestière », complète Serge Da Silva. La gamme Kemlub est déclinée en trois produits, proposant trois huiles aux viscosités différentes : KML 60 de viscosité moyenne et recommandée pour les résineux, KML 150 pour différents travaux sur tronçonneuse et enfin KML 220 spécialement conçue pour les têtes d’abatteuses. Chacune de ces huiles permet de laisser le guide et la chaîne de la tronçonneuse propre tout en procurant une adhésivité excellente. En outre, elles sont biodégradables à plus de 90 %, ce qui offre la possibilité de les utiliser en zone sensible, en bordure de cours d’eau et en forêt. « Outre les produits commercialisés en standard, Kemerid est en mesure de développer des produits à façon, selon le besoin et les problématiques de l’utilisateur. Kemerid possède les moyens pour formuler tous les produits de la gamme de l’oléochimie », affirme Serge Da Silva. Avant d’ajouter : « Nous avons également la possibilité d’effectuer de la production, avec notre outil industriel d’une capacité de 2 000 tonnes par an ».

De nombreux projets à venir

En termes de perspectives, Kemerid, qui emploie à ce jour trois collaborateurs, a l’intention d’étoffer son portefeuille de produits, comme le précise Serge Da Silva : « Nous sommes actuellement en train de réfléchir à la formulation d’autres produits pour l’industrie ». La start-up prévoit notamment de nouveaux agents anti-adhérents, en particulier pour le démoulage du béton architectonique. Conjointement avec le consortium, elle a également engagé un plan ambitieux de développement à l’horizon 2020. Elle s’est fixée de générer un chiffre d’affaires de 20 millions d’euros et de porter son effectif à 200 collaborateurs. « L’année 2014 sera une année importante dans notre projet de développement car il s’agit de celle qui permet de valider notre business model. Nous avons pour objectif de réaliser des ventes en France de l’ordre d’un demi-million d’euros cette année », avance Serge Da Silva. Avant d’ajouter : « À plus long terme, nous souhaitons nous développer à l’international, en particulier sur les régions émergentes et sur le marché du BTP ». La société cherche également une opportunité pour exporter son procédé industriel. « L’objectif est de chercher un partenariat de financement ou industriel pour exploiter un gisement localement d’ici à 2016 », détaille le directeur général de Kemerid.

 

 

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