Isosorbide biosourcé : Roquette démarre une unité à Lestrem

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Business Development & Marketing Manager pour le marché Performance Plastics chez Roquette.
Business Development & Marketing Manager pour le marché Performance Plastics chez Roquette.

A l’occasion du congrès Plant Based Summit qui s’est tenu à Lille les 8 et 9 avril derniers, le groupe français Roquette a annoncé la mise en service de la plus grande unité mondiale d’isosorbide biosourcé sur son site de Lestrem (Pas-de-Calais). Dotée d’une capacité de 20 000 tonnes par an, cette unité a nécessité un investissement de « plusieurs dizaines de millions d’euros », selon Franck Thumerel, Business Development & Marketing Manager pour le marché Performance Plastics. Ce produit utilise comme matière première du sorbitol, également produit à fort volume à Lestrem à partir d’amidon. Dans cette nouvelle unité, Roquette va produire à la fois de l’isosorbide technique à 98% et de l’isosorbide de haute pureté à 99,5%, deux grades proposés sous formes solides ou liquides et vendus sous le nom de marque Polysorb.

C’est en 2002 que Roquette a mis en service à Lestrem une première unité pilote d’isosorbide, avant le démarrage d’une première unité industrielle en 2007 dont les capacités sont passées de 1 000 t/an à 5 000 t/an dès 2011. Le groupe se dit « convaincu du potentiel de croissance de l’isosorbide dans les matériaux de performance ».

Cette gamme Polysorb trouve des applications dans les plastiques de performance, les thermoplastiques, ou encore les résines durcissables. Selon Roquette, l’isosorbide peut se substituer au bisphénol A (BPA) dans les polycarbonates tout en accroissant les propriétés optiques, la résistance aux UV et aux hautes températures du matériau. Au Japon Mitsubishi Chemicals a notamment développé le polymère Durabio (PC/isosorbide) qui a déjà trouvé des applications dans l’industrie automobile. L’isosorbide peut aussi être utilisé comme plastifiant à 100 % biosourcé dans les résines PVC en se substituant aux phtalates. Gerflor commercialise notamment des sols PVC Mipolam Symbioz sur la base de cette technologie.

Des bénéfices techniques

En fonction de la croissance des marchés, le directeur marketing confie que Roquette pourrait être amené à construire d’autres unités à travers le monde, en particulier en Asie et aux Etats-Unis où le groupe possède déjà des unités de production de sorbitol. Franck Thumerel rappelle enfin que l’isosorbide est un produit d’origine végétale qui n’existe pas sur le marché en version fossile. En revanche, il considère que le premier atout de ce produit réside dans ses performances techniques qui permettent d’améliorer simplement les performances techniques de nombreux polymères. Sa faible empreinte carbone n’arrive qu’au second plan.

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