Huile de palme : feu vert pour la bioraffinerie de Total à la Mède

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La raffinerie Total de La Mède est transformée en bioraffinerie.

Depuis l’annonce par Total en 2015 de la reconversion de sa raffinerie de La Mède, dans les Bouches-du-Rhône, en bioraffinerie produisant du biodiesel, le sujet fait débat. Le groupe pétrolier prévoit d’importer de l’huile de palme pour alimenter en grande partie son unité qui produira 500000 tonnes/an de biodiesel de type HVO (huile végétale hydrotraitée). Mais ce projet fait face à une double opposition. Schématiquement, les « environnementalistes » protestent contre l’usage d’huile de palme au prétexte qu’elle est responsable de la déforestation en Indonésie et en Malaisie. De leur côté, les acteurs agroindustriels du biodiesel en France qui ont investi dans des unités utilisant du colza se voient lourdement concurrencés sur un marché non extensible.

Un communiqué de Nicolas Hulot qui fait débat

Pour calmer les critiques qui montent en puissance, Nicolas Hulot a publié un communiqué affirmant qu’il a réussi à imposer ses conditions à Total avant l’autorisation de mise en service. La raffinerie, dont l’exploitation vient d’être autorisée par le préfet, devra utiliser un minium de 25 % de matières premières issues du recyclage des huiles (huiles alimentaires usagées, graisses animales, distillats d’acide gras). Et elle devra réduire « autant que possible » son approvisionnement en huiles végétales brutes au profit d’huiles usagées. Le ministre a également précisé qu’il serait exigé que les huiles végétales répondent aux critères de durabilité fixés par la Commission européenne. Dans les faits Total s’y était déjà engagé.

Une gifle contre les producteurs d’oléagineux et de protéagineux

Du coup ce document qui n’apporte rien de bien neuf n’a pas manqué de susciter la stupéfaction et la colère de la FOP (Fédération des producteurs d’oléagineux et de protéagineux). « Cette décision est incompréhensible. Outre son non-sens écologique, elle est une gifle contre notre secteur. Elle marque une rupture, un renoncement à l’ambition agricole portée par le gouvernement. Les agriculteurs ne méritent pas un tel mépris » a déclaré Arnaud Rousseau, président de la FOP, qui reproche à Nicolas Hulot, grand défenseur de l’environnement, d’avoir capitulé devant Total sur ce dossier. Parmi ses multiples reproches, la fédération estime que le ministre a validé le choix de la déforestation importée à partir d’huile de palme et qu’il a ouvert les vannes des huiles usagées, déchets majoritairement importés d’Asie et en grande partie issus de l’huile de palme. Plus grave encore, le ministre est accusé de sacrifier le colza français, matière première locale et tracée pour la production de biocarburants Made in France. En même temps, à La Mède, 250 emplois directs sont en jeu, ainsi que la redynamisation du territoire, tout comme à Carling ou Lacq où Total ne lâche pas prise.

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