Gevo veut valoriser l’éthanol en oléfines et hydrogène

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Laboratoires de Gevo à Englewood dans le Colorado.

La société américaine Gevo, qui s’est spécialisée dans la production d’isobutanol biosourcé, a annoncé son association avec plusieurs laboratoires académiques américains – National Renewable Energy Laboratory (NREL), Argonne National Laboratory (ANL) et Oak Ridge National Laboratory (ORNL) – sur un projet visant à affiner la composition du catalyseur utilisé dans son procédé exclusif ETO (Ethanol to olefin). L’objectif est d’améliorer ses performances et d’accélérer sa montée en échelle en vue d’une application industrielle. ChemCatBio, un consortium du département américain de l’Énergie (DOE), a même accordé un financement aux laboratoires pour soutenir le projet.
La technologie ETO de Gevo utilise de l’éthanol comme matière première pour la production d’hydrocarbures, d’hydrogène renouvelable et d’autres intermédiaires chimiques. Le procédé produit notamment des mélanges sur mesure d’isobutène, de propylène, d’hydrogène et d’acétone. Ces molécules peuvent être utilisées comme telles ou comme matières premières pour produire d’autres produits chimiques et des alcools à chaîne plus longue. Cette technologie n’en est encore qu’au stade du laboratoire mais, Gevo estime que ses perspectives sont prometteuses. « Cette technologie pourrait fournir à l’industrie mondiale de l’éthanol, estimée à 25 milliards de galon par an (4,7 Mt/an), un éventail plus large en termes de possibilités de marchés et de marges » explique la société.
De plus, le catalyseur de Gevo est capable de convertir des mélanges complexes d’autres alcools, acides et composés oxygénés en propylène ou isobutène en même temps que des quantités significatives d’hydrogène renouvelable.
Les matières premières appropriées peuvent inclure des flux secondaires difficiles à traiter provenant d’usines de fermentation, de centrales de gazéification de biomasse, de centrales de gaz de synthèse, d’usines de traitement de déchets municipaux ou industriels ou de flux chimiques pétrochimiques bruts.

Améliorer la compétitivité d’unités industrielles

Gevo estime que cette technologie catalytique pourrait fournir une option compétitive pour des unités industrielles en « upgradant » des produits de moindre valeur ou des flux secondaires et en favorisant l’entrée sur les marchés d’options plus durables.
« Nous sommes ravis de commencer cette collaboration avec Gevo et pensons que les capacités et l’expertise de pointe du projet Advanced Catalyst Synthesis and Characterization (ACSC) au sein du consortium ChemCatBio nous permettront d’acquérir une compréhension fondamentale des mécanismes catalytiques qui peuvent changer au fil du temps et influencer la performance des catalyseurs ETO de Gevo. Nous utiliserons une combinaison de techniques de caractérisation comme les rayons X à haute énergie à l’ANL, la microscopie à résolution subatomique à l’ORNL et les spectroscopies vibrationnelles hautement sensibles au NREL pour donner un aperçu de la structure atomique de ces catalyseurs dans des conditions de réaction pertinentes », a déclaré le Dr Susan Habas, chercheur principal au sein du Consortium ChemCatBio.

Une commercialisation sous licence envisagée
« La conversion des alcools en utilisant la chimie catalytique a été la clé de nos succès avec le jetfuel et l’isooctane. Nous avons fait de bons progrès dans le développement des catalyseurs pour convertir l’éthanol en oléfines et en hydrogène. Ce projet avec les laboratoires nationaux du ministère de l’Énergie devrait aider à optimiser davantage ces catalyseurs et élargir la base de matières premières au-delà de l’éthanol pour inclure une variété de flux chimiques organiques oxygénés » a déclaré le Dr Patrick Gruber, directeur général de Gevo. Une fois ces catalyseurs et procédés développés, Gevo envisage de les commercialiser sous licence.

 

 

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