Finlande : Le VTT veut tirer parti des feuilles mortes

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En automne, les feuilles mortes tombées des arbres ne sont que très peu valorisées. Elles sont soit laissées sur le sol, soit ramassées pour en faire du compost, soit brûlées produisant de l’énergie mais aussi du CO2. Pourtant ces feuilles tirent leurs couleurs jaune orangé de la présence de caroténoïdes et leurs couleurs rouge d’anthocyanines. Et elles contiennent de nombreuses autres molécules comme des phénols, de la lignine, des carbohydrates et des protéines. D’où l’idée d’essayer de mieux les valoriser compte tenu du besoin croissant de pigments naturels dans le monde, par exemple dans l’industrie de la beauté, du textile, des nutraceutiques, du food. Ou pour toutes autres industries qui souhaitent verdir leur portefeuille ou leur image.

Extraire de molécules d’intérêt

En Finlande, le centre technique VTT s’est intéressé à la question. Des feuilles ont d’abord été ramassées dans des parcs et jardins, puis séchées et broyées afin de pouvoir en extraire des molécules d’intérêt. Le procédé développé par les chercheurs du VTT, dans le respect des principes de la chimie verte, est maintenant en phase pilote. Il utilise des feuilles collectées dans la région d’Otaniemi par la société Lassila & Tikanoja. « Lors de nos expérimentations en laboratoire, nous avons découvert différentes voies alternative prometteuses pour utiliser les feuilles. Les essais pilotes sont en cours. Nous examinons comment notre méthode s’applique en pratique et quelles quantités de produits à valeur ajoutée peuvent être extraites des feuilles » commente Liisa Nohynek, senior scientist au VTT.

Une biomasse résiduelle riche en nutriment

Bien entendu, la composition chimique des feuilles varie largement en fonction des espèces d’arbres. Certaines sont plus appropriées que d’autres pour l’extraction de molécules. Quant à la biomasse résiduelle obtenue après extraction, riche en nutriments, elle est pressentie pour retourner à la terre avec des applications en horticulture, ou dans la culture de champignons. Cette biomasse peut aussi être transformée en inhibiteur de croissance de certains microbes et jouer un rôle de biocides naturels pour des applications en cosmétique ou dans les produits d’hygiène.

S.L.

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