Ethanol cellulosique : Shell prêt à racheter l’usine américaine d’Abengoa

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La branche américaine de Royal Dutch Shell aurait offert plus de 26 millions de dollars pour le rachat de l’usine d’éthanol cellulosique d’Abengoa d’Hugoton au Kansas, selon des documents déposés mercredi 12 octobre au tribunal des faillites (25 millions de gallons par an soit 94 millions de litres annuels).
Cette initiative est en ligne avec la stratégie de Shell de se développer dans les biocarburants qui utilisent des matières premières renouvelables, selon Natalie Mazey, porte-parole de Shell. En effet, Shell possède déjà une coentreprise d’éthanol dérivé de sucre avec Cosan SA Industria e Comercio au Brésil. Et plus tôt cette année, la société avait déclaré que les énergies renouvelables, en particulier les biocarburants et l’éolien, allaient devenir « essentielles » pour l’entreprise.

Pour Abengoa, la cession de ces actifs américains est destinée à atténuer les effets d’une faillite retentissante de la société espagnole après plus d’une décennie de lourds emprunts et d’investissements pour se développer tous azimuts dans les énergies propres. Géant espagnol des énergies renouvelables, Abengoa est actuellement en procédure de redressement judiciaire. Au 1er semestre 2016, la société a enregistré une perte nette de 3,7 milliards d’euros, liée notamment à l’effondrement de certaines de ses activités. Le chiffre d’affaires a été divisé par trois, chutant à 1,2 milliard d’euros. Dans le même temps, les effectifs d’Abengoa ont fondu dans le monde passant de 28000 en 2015 à 17500 en 2016.

Echec d’Abengoa dans les bioénergies

Les activités d’Abengoa se sont révélées particulièrement catastrophiques dans le secteur des bioénergies : plusieurs usines de bioéthanol aux Etats-Unis et en Europe se trouvant paralysées par des procédures de liquidation judiciaire. Et rappelons qu’en France, le groupe possède une usine d’éthanol à base de sucre de maïs, à Lacq, où un investissement dans l’éthanol cellulosique avait été envisagé l’an dernier.

Le plan de restructuration de la dette, en cours de déploiement, comprend « l’abandon de certaines activités non stratégiques et la liquidation ou la vente d’actifs, qui pourraient occasionner de nouvelles pertes », explique Abengoa dans un communiqué. Dix fonds d’investissements se sont engagés à apporter des liquidités au capital de l’entreprise, pour un montant de 1,17 milliard d’euros. Une partie des prêts ayant déjà été reçue depuis septembre 2015, le montant des nouveaux prêts s’élèverait à 650 millions d’euros.

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