Ethanol cellulosique : Clariant va construire une usine en Roumanie

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Les véhicules-test de Mercedes-Benz utilisés pour les essais de l’éthanol sunliquid. (c)Clariant/Rötzer

Le chimiste de spécialités Clariant a obtenu de son conseil d’administration le feu vert pour investir dans une nouvelle usine commerciale d’éthanol cellulosique qui utilisera sa technologie sunliquid. La nouvelle usine sera construite dans le sud-ouest de la Roumanie avec une capacité de production d’éthanol de 50000 tonnes/an. Elle utilisera comme matière première des résidus agricoles. L’installation sera un site phare qui permettra de confirmer la compétitivité et la durabilité de la technologie sunliquid à l’échelle commerciale, et de soutenir ainsi la stratégie de cession de licences de Clariant.

« Clariant investit continuellement dans le développement de produits durables et de solutions innovantes telles que sunliquid. Ce procédé pionnier démontre la possibilité de produire des biocarburants avancés efficaces et durables. Elle offre en outre un grand potentiel en tant que plate-forme technologique pour une grande variété de produits biosourcés », a déclaré Christian Kohlpaintner, membre du comité exécutif de Clariant.

Afin de se concentrer davantage sur la commercialisation du bioéthanol, des licences et des enzymes associées au procédé, Clariant a mis en place une nouvelle Business Line Biofuels & Derivatives, dans le cadre de son activité Catalysis.

Une première licence cédée à Enviral

En septembre de cette année, Clariant avait déjà franchie une étape en signant un premier accord de licence avec Enviral, membre du groupe Envien. « Après cinq années d’exploitation de notre usine pré-commerciale sunliquid à Straubing, en Allemagne, et une démonstration approfondie du procédé, nous sommes maintenant prêts à passer à l’étape suivante », explique Markus Rarbach, responsable de l’activité Biofuels & Derivatives de Clariant qui table sur un marché « attractif » pour le déploiement de sa technologie.

Clariant va désormais se consacrer à des études d’ingénierie détaillées en vue d’un démarrage de la construction de l’usine en 2018. Et une livraison des premiers lots de produits en 2020. Le chiffre devrait rapporter une vingtaine de millions d’euros.

À pleine capacité, la nouvelle usine traitera annuellement environ 250 000 tonnes de paille de blé et d’autres pailles de céréales, qui proviendront des agriculteurs locaux. Les coproduits du procédé seront utilisés pour la production d’énergie renouvelable dans le but de rendre l’usine indépendante énergétiquement et de s’affranchir de toute ressource d’origine fossile.

Clariant rappelle que l’un des points forts de son procédé consiste dans son intégration du résidu agricole à l’éthanol et dans l’utilisation d’enzymes spécifiques capables de fermenter simultanée des sucres C5 et C6, garantissant les meilleures performances au procédé.

Le développement de ce projet avait été financé par le septième programme-cadre de l’Union européenne (PCR7) pour la recherche, le développement technologique et la démonstration dans le cadre de l’accord de subvention no. 322386 et par le Bio-Based Industries Joint Undertaking dans le cadre du programme de recherche et d’innovation Horizon 2020 au titre de la de subvention n ° 709606.

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