Equipement : Chimie verte et bleue, deux opportunités pour Boccard

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Article paru dans la revue Formule Verte, n°20, décembre 2014

Le département Santé & Beauté de Boccard basé à Villeurbanne cherche à utiliser son savoir-faire dans la fourniture d’installations de biotechnologie pour entrer sur un nouveau marché : celui de la production de molécules d’intérêt à partir de végétaux terrestres ou marins.

Depuis 1918 et à travers quatre générations de dirigeants, la société familiale Boccard s’est imposée, en France et dans le monde, comme un ensemblier industriel mettant en oeuvre des installations toujours plus performantes et innovantes. Déjà positionné sur les marchés de l’énergie, tels que l’oil & gas ou le nucléaire, dans de nombreux domaines de l’industrie (chimie de spécialités, verre, hydrométallurgie…) ainsi que sur le créneau de l’alimentation et de la pharmacie ou des cosmétiques, l’ensemblier industriel qui emploie désormais 3500 personnes dans le monde, a décidé d’investiguer un nouveau domaine en forte croissance : la chimie verte et bleue. « Au lieu d’utiliser du pétrole pour produire des molécules, les sources de matière première viennent des végétaux terrestres et marins, comme les microalgues » résume Bertrand Lagarde, responsable de marché chimie verte et bleue. Et ce nouveau pan d’activité est totalement transverse pour Boccard car les molécules ainsi produites font ensuite l’objet d’applications dans l’énergie, l’alimentaire ou la pharmacie, principales business unit de la société.

Ce qui caractérise ce segment, c’est sa technologie qui tourne autour de la fermentation industrielle en utilisant des micro-organismes comme des nano-unités de production. A l’échelle industrielle, on travaille assez vite sur de gros volumes dans des fermenteurs de 150 à 2500 m3 et les installations peuvent représenter plusieurs dizaines de millions d’euros d’investissements. D’autant qu’il faut aussi un lourd savoir-faire en aval pour extraire et purifier les molécules d’intérêt (down stream process). En revanche, il y a aussi un marché pour les installations pilotes et de démonstration. « Entre les pilotes et demi-grands et les réalisations industrielles, le marché est assez équilibré. Les recettes de la R&D arrivent à maturité et l’on commence à entrer dans la phase de production industrielle » commente le responsable de marché.

Dans ce secteur, Boccard est à la fois un ensemblier et un constructeur, profitant de son savoir-faire de chaudronnier. C’est-à-dire que ses solutions techniques innovantes sont mis en œuvre sous la forme de skids de production modulaires, de super skids ou d’ateliers de production complets, jusqu’au démarrage des installations. Il construit lui-même des fermenteurs, des cuves de stockage, l’ensemble des automatismes et régulations nécessaires ainsi que toute la tuyauterie nécessaire… Cette double compétence d’ingénieriste et de constructeur permet à Boccard de réaliser des installations en des temps record. « En 2013 aux Etats-Unis, nous avons construit une usine de fermentation du lait en seulement 325 jours, avec une capacité de traitement de 5 millions de litres de lait par jour » illustre Bertrand Lagarde.

Premières réalisations

La société a déjà des premières réalisations à son actif dans la production d’éthanol, de nutraceutiques ou d’oméga 3, principalement sur le marché français. D’autres projets son désormais dans le « pipe », dans différentes zones géographiques de la planète, souvent chez des acteurs agroindustriels. Mais Bertrand Lagarde observe aussi un nouvel intérêt des industriels de la chimie pour la fermentation. Il souligne à ce propos que l’un des gros atouts des installations de fermentation, c’est leur faculté à pouvoir être reconverties par simple changement des microorganismes et quelques modifications au niveau du procédé Down Stream. Dans l’industrie chimique classique, les installations sont le plus souvent dédiées à un produit qui possède son propre process. Ceci rend quasiment impossible une réutilisation d’installation. La contrepartie de cette flexibilité des opérations de fermentation est que l’on travaille avec du vivant. Il peut y avoir une certaine variabilité des procédés, tandis que les microorganismes restent des objets fragiles. Mais Boccard n’en est pas à ses débuts en biotechnologie et il estime disposer de tous les atouts nécessaires pour se faire un nom dans la chimie verte et bleue. « C’est encore une petite activité pour Boccard, mais les projets sont extrêmement attractifs. Nous espérons que, d’ici à 5 ans, notre expertise dans le domaine sera reconnue par les grands acteurs du marché » conclut Bertrand Lagarde.

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