Economie circulaire : Carbios avance dans le recyclage du PLA

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Jean-Claude Lumaret, directeur général de Carbios.
Jean-Claude Lumaret, directeur général de Carbios.

La société de chimie verte Carbios annonce qu’elle a réussi à dépolymériser 90 % du PLA en 48 heures grâce à son procédé enzymatique innovant. Ce résultat a été obtenu avec les équipes toulousaines de l’INRA (TWB et le LISBP), partenaires de Carbios dans le projet Thanaplast. Et permet d’avancer un peu plus dans le recyclage chimique des polymères, en opposition avec le recyclage mécanique qui est actuellement couramment pratiqué (cas des emballages en PET).

Une voie enzymatique

L’enzyme brevetée par Carbios possède une activité catalytique de dépolymérisation du PLA au rendement quasi industriel. Son activité a été prouvée sur des objets commerciaux en PLA (tasses, plateaux, films, couverts…) dont l’état semi-cristallin les rend difficile d’accès pour l’enzyme. Ce résultat marque aussi l’entrée du procédé de biorecyclage Carbios en pré pilotage industriel. Ce résultat permettra à Carbios d’accélérer le programme d’industrialisation de son procédé par rapport à l’échéancier initial.

Le marché du PLA est le marché qui possède le plus important taux de croissance : entre 10 et 30% annuels selon les sources (European Bioplastics, Nova Institute…). En effet ce polymère plastique biosourcé ne représente actuellement qu’une production annuelle de 200 000 tonnes. Cependant, ses propriétés physico-chimiques en font le principal substituant du PET (polyester le plus largement utilisé pour les bouteilles en plastiques et l’emballage) avec deux spécificités supplémentaires : sa biocompatibilité (matériaux de choix pour les greffes, prothèses…) et sa parfaite adéquation avec les techniques d’impression 3D.

Des applications en vue dans les polyesters

Le résultat obtenu par Carbios sur le PLA va lui permettre d’appliquer sa technologie à d’autres polyesters plastiques tels que le PET, le PTT et les polyamides.

« Cette technologie simplifie le recyclage car elle peut s’appliquer en amont du tri. Elle ne craint pas les souillures organiques et peut même être appliquée à des matériaux multicouches que l’on ne peut pas séparer mécaniquement. Dans le cas de matériaux multicouches, chaque couche va être traitée successivement par une enzyme spécifique. On récupère ensuite des monomères que l’on peut purifier pour refaire des polymères », a expliqué récemment Jean-Claude Lumaret dans la revue Info Chimie. Le recyclage est infini. Et contrairement au recyclage mécanique, les propriétés des polymères ne sont pas dégradées.

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